Comment financer les premiers mois de son entreprise ? Au-delà de l'apport personnel de chacun des fondateurs, qui solliciter ?

La famille, les amis, les réseaux d'accompagnement, les banques parfois, les pouvoirs publics, vos futurs clients... Voici de pistes pour démarrer avec peu sans ouvrir son capital.

● Love money : de proches en poches

La famille et les amis sont les toutes premières sources de financement des porteurs de projet. On appelle cela : la « love money ». Elle sert surtout au démarrage, lorsque l'entrepreneur doit mobiliser rapidement un peu de cash pour se lancer.

Cette collecte de fonds peut prendre la forme d'un don. Ainsi, chaque parent peut donner jusqu'à 100.000 euros par enfant tous les quinze ans sans avoir à payer des droits de donation. Cet abattement fiscal tombe à 31.865 euros dans le cas d'une donation faite par les grands-parents et à 5.310 euros par les arrière-grands-parents. Si la donation excède ces montants, l'administration fiscale applique un barème d'imposition progressif sur le dépassement.

Cet apport d'argent peut aussi prendre la forme d'un prêt entre particuliers. Durée de remboursement, montant des mensualités, taux d'intérêt : ce sont les deux signataires qui décident des conditions d'emprunt... En général plus avantageuses qu'un prêt bancaire. Le prêt entre particuliers est d'autant plus attractif que le versement d'intérêts y est facultatif. Si le prêteur prévoit des intérêts, ceux-ci ne doivent en revanche pas dépasser le taux d'usure fixé par la Banque de France. Attention : la rédaction d'un acte est recommandée quel que soit le montant du prêt, et elle est obligatoire dès 1.500 euros. Ce document peut prendre la forme d'un acte notarié ou d'un acte sous-seing privé. Au-delà de 5.000 euros, le prêt doit être déclaré à l'administration fiscale par le prêteur et l'emprunteur.

● Prêt d'honneur : vous le valez bien

Concrètement, le prêt d'honneur est un crédit à taux zéro, sans garantie ni caution personnelle. Il est accordé à titre individuel, ce qui permet à plusieurs associés opérationnels d'une société de pouvoir y prétendre. Leurs montants varient de 1.000 à 500.000 euros selon le profil du ou des demandeurs, la maturité de l'entreprise et du projet. Il est accordé aux créateurs d'entreprises, aux repreneurs, mais aussi aux dirigeants ayant des projets de développement. Ces prêts font en général l'objet d'un différé de remboursement.

Plusieurs réseaux d'accompagnement distribuent ces prêts d'honneur : Initiative France, Réseau Entreprendre, l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) ou encore le fonds de dotation Raise. Leur obtention crédibilise le projet de création ou de développement de l'entreprise, et crée un effet de levier. C'est en particulier le cas pour le prêt d'honneur solidaire (ex-nacre) de 8.000 euros maximum destiné aux publics dits fragiles qui est obligatoirement accolé à un prêt bancaire. Les différents réseaux estiment que pour un euro de prêt d'honneur, les financements complémentaires varient de 8 à 13 euros.

● Crowdfunding : foule sentimentale

Les projets financés par leurs futurs clients sont de plus en plus nombreux. Les plateformes de crowdfunding, ou financement participatif, sous forme de don (avec ou sans contrepartie) comme Ulule, KissKissBankBank, Miimosa, Tudigo, Zeste, etc. permettent aux entreprises et porteurs de projet de lancer des campagnes de soutien et de précommandes. Ce mode de financement est particulièrement avantageux, car il permet de réunir une avance de trésorerie. En 2020, plus de 100.000 collectes de dons ont été réalisées avec un taux de réussite de 75 % et des montants moyens par collecte de 1.479 euros sans contreparties et de 7.144 euros avec contrepartie, selon Financement Participatif France.

● Aides publiques : c'est cadeau !

Financée par la Banque publique d'investissement, la Bourse French Tech, subventionne les start-up à travers une dotation pouvant atteindre 30.000 euros, voire 90.000 euros pour les entreprises qui développent des innovations de rupture à fort contenu technologique. Les lauréats bénéficient d'un accompagnement personnalisé allant de la construction du business plan à la préparation de levée de fonds. Depuis son lancement en 2014, la Bourse French tech a été accordée à 3.000 entreprises.

Les collectivités locales, en particulier les régions, encouragent la création d'entreprise et l'innovation sur leur territoire. L'Ile-de-France propose, par exemple, aux entreprises comptant moins de neuf salariés des subventions allant de 55.000 à 150.000 euros pour financer les dépenses d'investissement dans le cadre de l'appel à projet TP'Up Relance. La région Paca accorde quant à elle des subventions allant de 100.000 euros à 500.000 euros pour favoriser l'implantation de nouvelles entreprises à fort potentiel d'emploi et de croissance sur son territoire via son dispositif Région Sud Attractivité.

Indispensable ! Le site internet les-aides.fr édité par la CCI Hauts-de-France répertorie l'ensemble des financements accessibles au niveau national et local.