L'IFA n'est plus seulement réservé aux géants de l'électronique et de l'électroménager comme Samsung, Sony, LG, Philips et Panasonic. Le Salon international organisé à Berlin fin août-début septembre dédie depuis l'an dernier un hall complet aux start-up. Baptisé « IFA Next », cet espace a pour ambition de positionner le rendez-vous comme vitrine de l'innovation.

Après avoir accompagné là-bas une quinzaine de jeunes pousses tricolores pour la première fois l'an dernier, Business France a décidé de renouveler l'initiative dans quelques mois, du 31 août au 5 septembre. Les start-up sélectionnées pour cette nouvelle édition exposeront sur le pavillon Business France afin de rencontrer distributeurs et retailers. L'événement devrait accueillir plus de 240.000 visiteurs.

« L'IFA est un Salon historique, plus vieux que le CES », fait valoir Eric Morand, directeur du département tech de Business France. La première édition du Salon berlinois s'est tenue en 1924, tandis que le rendez-vous de l'électronique grand public américain a vu le jour en 1967. L'événement allemand « répond à une demande de nos clients que l'on accompagne déjà à Las Vegas », ajoute-t-il. Selon lui, les deux rendez-vous sont complémentaires. « Les start-up vont au CES pour créer le buzz, exister, valider leur produit. A L'IFA, elles vont chercher à vendre, à décrocher des contrats », explique-t-il.

« Réussir les ventes de fin d'année »

« L'IFA intervient dans une phase qui est importante pour réussir les ventes de fin d'année. Pour une start-up, il est utile d'y exposer lorsque l'on a un produit commercialisable à court terme et disponible », analyse de son côté l'auteur et consultant Olivier Ezratty.

Les jeunes pousses choisies par Business France, coachées pour réussir à négocier des contrats, sont ainsi des entreprises déjà matures qui s'adressent directement aux consommateurs avec des produits grand public. « Elles ont besoin de rencontrer des distributeurs, et en particulier en Europe », poursuit Eric Morand, qui se dit satisfait de l'expérience de l'an dernier, assurant que de nombreux deals ont pu se faire grâce aux contacts pris là-bas. Igor Krinbarg, qui a créé la société Lunii il y a quatre ans, en témoigne. Il s'était rendu à l'IFA en 2017 pour présenter sa Fabrique à Histoires, destinée aux enfants. Il s'agit d'un boîtier sans écran qui permet de faire des choix (un héros ou une héroïne, un univers particulier, etc.) pour personnaliser des récits à écouter. Commercialisé depuis deux ans à 59,90 euros, l'appareil s'est écoulé à 120.000 exemplaires. Des recharges de 18 histoires sont vendues à part.

« Les contacts noués à Berlin nous ont permis de nous lancer en Russie. On y a aussi rencontré un responsable de chez Harrods chez qui on vend notre produit depuis Noël dernier. Idem pour la chaîne de boutiques espagnole Imaginarium, chez qui la Fabrique à Histoires se lance dans deux semaines », énumère l'entrepreneur, qui a postulé auprès de Business France afin de pouvoir retourner à l'IFA dans quelques mois. Igor Krinbarg se réjouit d'avoir été une nouvelle fois sélectionné cette année.