"C'est totalement guignolesque, ça dénature les droits du parlement et ça affaiblit tout le monde", a-t-il déploré sur Public Sénat en critiquant une "France insoumise qui décrédibilise le parlement dans son ensemble".

Il a aussi dénoncé "un espèce de jeu de dupes à deux", LFI et gouvernement, "où chacun est dans son rôle", ce qui "arrange tout le monde, y compris le gouvernement, car on ne peut pas faire de débat".

Le député LR, favorable à une réforme des retraites, mais pas celle du gouvernement, qualifiée de "mauvaise", a dit craindre que "tout le travail en commission spéciale (soit) une vaste blague", car "malheureusement les débats vont traîner" et le texte qui arrivera dans l'hémicycle risque d'être "le même que celui que le gouvernement avait déposé".

Adrien Quatennens, député LFI et numéro deux du mouvement, a au contraire défendu la stratégie du groupe LFI, une "grève du zèle parlementaire" pour "faire en sorte que tout ne se passe pas comme une promenade de santé" pour le gouvernement.

Les députés LFI sont "un peu aveuglés par leur détestation de la personne du président", a jugé le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari sur LCI: c'est ainsi selon lui qu'"ils se retrouvent dans ce genre d'impasse, soit à soutenir la radicalité dans la rue, soit à pratiquer l'obstruction parlementaire dans un lieu où doit vivre le débat, et non pas une forme de guérilla tout à fait inféconde".

Le bras de fer sur cette réforme sensible a démarré au ralenti lundi en commission spéciale à l'Assemblée, où les oppositions, LFI en tête, pilonnent au mot près la réforme portée par la majorité.

La commission, qui n'a passé en revue que 245 amendements sur les quelque 22.000 au programme, risque de ne pas parvenir à achever l'examen des 65 articles du projet de loi ordinaire et les cinq du projet de loi organique avant leur arrivée dans l'hémicycle le 17 février. Les textes seraient alors examinés dans les versions déposées par le gouvernement.

Damien Abad a demandé sur Public Sénat un débat sur le financement des retraites mardi soir à l'Assemblée, pour "discuter du volet financier", renvoyé à une conférence entre partenaires sociaux, tandis que le numéro deux de LR, Guillaume Peltier, a appelé sur France 2 le gouvernement à "revoir sa copie", jugeant impossible de "décider en quelques jours sans avoir l'élément fondamental, le financement".