A l'occasion de son dixième anniversaire, l'Observatoire de la parentalité (OPE) a dévoilé les résultats d'un baromètre relatif à la conciliation des vies professionnelle et personnelle, volet « employeurs ».

Si la parentalité en entreprise était en 2009 un « néologisme bizarre », il constitue aujourd'hui un « vocabulaire courant » pour les managers, explique Jérôme Ballarin, président de l'OPE dont le baromètre 2018 témoigne des attentes des salariés des entreprises signataires de la charte de l'OPE. L'équilibre des temps de vie est, à leurs yeux, un enjeu majeur. Si, en 2008, 75 % des salariés considéraient que leur employeur ne leur permettait pas de suffisamment concilier leurs vies professionnelle et personnelle, ce pourcentage a diminué pour atteindre 60 % en 2018. Cette baisse s'explique, en partie, par diverses avancées législatives : le droit au télétravail (ordonnances Pénicaud), le droit à la déconnexion (loi travail entrée en vigueur le 1er janvier 2017) ou encore la protection anti-licenciement pour le jeune père.

Autre observation : la priorité des salariés en 2008 portait sur des demandes d'aides financières, il s'agit désormais de l'organisation des temps de travail. L'OQVT a décidé de construire sa stratégie sur la base des 3 piliers suivants : la sensibilisation des employeurs, leur accompagnement pour mettre en place des actions concrètes et le suivi de l'évolution des pratiques à l'aide d'un baromètre annuel. La manière de penser le bien-être au travail évolue également. Avec le développement du télétravail notamment, la frontière entre le lieu de travail et le domicile s'efface et modifie le planning de travail. L'arrivée sur les lieux de travail des fameux Millennials bouleverse aussi la donne : 47 % des 18-30 ans pensent que l'équilibre vies professionnelle-personnelle devrait changer ! de quoi pousser l'OQVT à propose d'élaborer un « modèle français de la qualité de vie au travail », pour reprendre les mots de Jérôme Ballarin.