"Nous avions quelques revendications (en arrivant). Évidemment elles ont été complètement ignorées. Mais nous nous y attendions", a dit à la presse la jeune Suédoise qui demande un arrêt immédiat du financement des énergies fossiles.

Greta Thunberg, invitée pour la deuxième année consécutive au rassemblement annuel de l'élite politique et économique, a conclu sa semaine en organisant au pied des pistes sa "grève pour le climat". Une manifestation qu'elle a lancée, d'abord seule, en Suède tous les vendredis avant de devenir la figure de proue d'une mobilisation mondiale de la jeunesse.

Le Forum économique mondial de Davos, réuni de mardi à vendredi, a pourtant été nettement dominé par l'inquiétude climatique.

Le long de la Promenade, rue principale de Davos transformée pour quelques jours en vitrine géante des entreprises et des gouvernements, les slogans et affiches de telle ou telle multinationale en faveur d'une économie "verte", ou "durable" étaient omniprésentes.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a par exemple dit que l'humanité était "perdue" si les efforts de réduction des émissions de CO2 n'étaient pas amplifiés.

- Des arbres par milliards -

Des annonces ont été faites, mais sans aller aussi loin que ne le demandent les militants du climat.

Une autre figure de la mobilisation pour le climat présente à Davos, l'Allemande Luisa Neubauer qui vient de refuser le siège offert par une filiale du géant industriel Siemens au conseil de surveillance de sa branche énergie, a martelé que les beaux discours ne suffisaient pas.

"Nous n'avons jamais fait la grève pour que les discours changent", a-t-elle dit, mais pour "une action climatique concrète".

Les organisateurs du Forum ont lancé une campagne pour planter ou sauver "1.000 milliards d'arbres", ce qui permet de capter du C02 mais ne change rien au volume des émissions.

Le géant américain de la finance BlackRock avait, lui, marqué les esprits avant même Davos en promettant de liquider les actions et obligations qu'il détient dans des sociétés générant plus de 25% de leurs revenus à partir de la production de charbon thermique". 

Tranchant avec la tonalité générale, l'importante délégation américaine, conduite par Donald Trump, a contesté ouvertement l'existence même d'une urgence climatique, prenant la jeune Suédoise pour cible.

Le président américain a ainsi fustigé les "prophètes de malheur et les prédictions d'apocalypse" climatique mardi, dans un discours auquel assistait la militante.

Visiblement peu impressionnée, Greta Thunberg a de son côté répété ses virulentes mises en garde à l'élite politique et économique, martelant qu'il était temps de "paniquer" parce que "la maison brûle", comme elle l'avait déjà fait l'an dernier à Davos.

Vendredi, elle est de plus revenue sur des déclarations la visant d'un ministre américain, assurant qu'elles n'avaient "pas d'effet" sur elle.

- Un problème "parmi d'autres" -

"Cela n'a évidemment pas d'effet. Nous sommes constamment critiqués de cette manière. Si nous y faisions attention nous ne pourrions pas faire ce que nous faisons. Nous nous mettons nous-même sous le feu des projecteurs", a analysé la militante.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin avait conseillé jeudi à Greta Thunberg de "faire des études d'économie et d'aller à l'université". "Qui est-elle? Une cheffe économiste?", avait ironisé le ministre.

La jeune Suédoise, qui a interrompu pour un an son cursus scolaire afin de se consacrer à la mobilisation climatique, avait répliqué sur Twitter qu'il n'y avait "pas besoin de diplôme universitaire" pour déterminer que les efforts de réduction des émissions de CO2 étaient insuffisants, graphique à l'appui.

Vendredi, M. Mnuchin a également estimé que, selon lui, "il faudrait parler de problèmes environnementaux, pas de changement climatique" et estimé que de son point de vue, c'était "un problème parmi beaucoup d'autres".