Le déconfinement oblige Bercy à adapter ses dispositifs d'aides aux entreprises. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé lundi un assouplissement à partir du mois de juin des conditions d'accès au fonds de solidarité pour les secteurs les plus touchés par la crise économique (hôtels, restaurants, culture etc.), qui auront droit à une aide cet été, même en cas de perte réduite de leur chiffre d'affaires par rapport à la normale. « Nous changeons les règles pour accompagner la réouverture et nous allons faire du sur-mesure qui tient compte de la réalité », a-t-il expliqué sur RTL.

Depuis un an et le début de la crise sanitaire, le fonds de solidarité a connu près d'une vingtaine de versions différentes. Actuellement, il est réservé aux entreprises perdant 50 % de leur chiffre d'affaires, et donne droit à une aide mensuelle allant jusqu'à 10.000 euros ou 20 % du chiffre d'affaires perdu. Ce système va perdurer en mai, et les entreprises concernées « auront droit à l'intégralité du fonds de solidarité » durant ce mois, a réaffirmé Bruno Le Maire.

Les choses évolueront à partir de juin. C'est ce plancher de perte de 50 % du chiffre d'affaires qui va disparaître pour les entreprises entamant leur réouverture. « Même si vous perdez 15 %, 20 % ou 30 % de votre chiffre d'affaires, vous aurez droit à un accompagnement financier de l'Etat », a indiqué le locataire de Bercy. «Il y aura malgré tout un seuil minimal de perte de revenus ouvrant droit aux aides», précise-t-on au ministère.

Le montant exact des aides - qui représentera un « pourcentage la perte d'activité » - doit être discuté, en concertation avec les secteurs concernés (bars, hôtels, restaurants, établissements de culture, entreprises d'évènementiel, tourisme, salles de sport). Les entreprises dépendant de ces secteurs sont aussi concernés.

Cette nouvelle règle du jeu doit durer au moins trois mois, de juin à la fin août. « Il y aura une dégressivité de ces aides en fonction du retour à la normale » sur cette période, a souligné Bruno Le Maire. Ce dernier a déjà fixé une « clause de rendez-vous fin août » pour « voir où en sont les secteurs ». « Le maître mot de cette phase, c'est l'accompagnement », a insisté le ministre. Celui-ci a également promis qu'il allait corriger la tendance à ouvrir le guichet du fonds de solidarité de plus en plus tardivement chaque mois, conséquence de sa complexité accrue. Les demandes d'aides pour le mois d'avril seront ouvertes dès le 7 mai.

Avec cette nouvelle adaptation des dispositifs d'aides, Bercy espère doper la reprise. D'ores et déjà, Bruno Le Maire s'est félicité du chiffre de croissance atteint au premier trimestre (+0,4 %), « le plus élevé en Europe ». Le ministre y voit le signe que « le plan de relance fonctionne » avec déjà une trentaine de milliards engagés sur les 100 milliards prévus.

Plan de relance évalué

Pour la suite, le ministre de l'Economie va s'atteler à faire vivre le « deuxième temps de la relance », promis par Emmanuel Macron en fin de semaine dernière. Dans les prochaines semaines, il y aura donc « une évaluation de tous les dispositifs du plan de relance avec les élus locaux, et notamment les maires », a précisé Bruno Le Maire.

Un autre rendez-vous est prévu en « septembre pour évaluer la situation économique et les nouveaux besoins éventuels ». « On verra à ce moment-là s'il est utile ou non de rajouter des montants au plan de relance », a précisé le ministre. Ce nouveau calendrier devrait donner du grain à moudre à tous ceux qui réclament un deuxième volet au plan de relance actuel. Au niveau européen, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune, avait déjà indiqué la semaine dernière aux « Echos » qu'il jugeait nécessaire qu'un plan d'investissements prenne le relais du plan de relance actuel.