Wa Lone, 32 ans, and Kyaw Soe Oo, 28 ans, ont été condamnés début septembre en vertu d'une loi sur les secrets d'Etat. Ils travaillaient sur le massacre l'année dernière de dix Rohingyas lors de la répression militaire birmane contre cette communauté musulmane.

Leur condamnation avait connu un profond retentissement à travers le monde et avait été largement considérée comme un procès fantoche ayant pour objectif d'entraver le travail des journalistes sur les actions de l'armée à l'encontre des Rohingyas.

"Tout est prêt" pour interjeter appel avant la date limite de samedi, a précisé l'avocat des deux journalistes, Khin Maung Zaw.

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi s'était refusée à intervenir pendant le procès, même si son gouvernement disposait de la possibilité d'abandonner les chefs d'accusation à l'encontre des deux journalistes.

Le président birman, Win Myint, un proche de Aung San Suu Kyi, peut cependant désormais accorder sa grâce aux journalistes de Reuters.

L'appel ne devrait pas entraver une demande de pardon présidentiel, a précisé Khin Maung Zaw.

La Haute Cour devrait prendre cinq à six mois pour se prononcer sur l'appel.

Le président Win Myint a déjà accordé des grâces mais ne s'est pas prononcé jusqu'ici sur l'affaire des deux journalistes de Reuters.

Une telle grâce présidentielle pourrait heurter les militaires birmans, encore très influents, et susciter du ressentiment au sein de la population qui reste largement indifférente, pour ne pas dire hostile, aux deux journalistes.

En 2017, plus de 700.000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh, face aux violences commises par les forces armées birmanes et des milices bouddhistes, qualifiées de "génocide" par l'ONU.