Visiblement, les chefs d'entreprise n'ont guère de crainte sur les conséquences à venir de la pandémie du Covid-19 dans sa variante Omicron. Selon l'enquête annuelle effectuée par le cabinet PwC en interrogeant quelque 4.500 patrons de 89 pays, l'optimisme est de mise. Plus de 75 % d'entre eux s'attendent à ce que la croissance économique s'améliore dans les douze prochains mois. Ils sont même 85 % en France à se montrer aussi confiant dans l'avenir. « C'est la première fois, dans notre enquête, que les chefs d'entreprises français sont plus confiants que leurs homologues des autres pays », observe Patrice Morot, Président de PwC France et Maghreb.

En filigrane, l'optimisme se fonde sur le fait que les entreprises se sont adaptées à la situation sanitaire. « Nous ne sommes plus en mars 2020 où tout le monde était confiné, les villes étaient désertes et certaines entreprises obligées de fermer », témoigne Patrice Morot.

La Chine se distingue

A court terme cependant, les patrons chinois se montrent plus soucieux que leurs homologues étrangers en ce qui concerne l'évolution de leur chiffre d'affaires. Seulement 48 % d'entre eux s'attendent à une amélioration de leur activité dans l'année qui vient contre 67 % pour les patrons américains et 60 % pour les européens. Sans doute faut-il voir là les répercussions liées aux difficultés du groupe immobilier chinois Evergrande.

De plus, « les perspectives d'investissement se sont dégradées et la stratégie zéro Covid du gouvernement chinois, mise à mal par le variant Omicron, pèse sur le moral des chefs d'entreprise », ajoute Patrice Morot. A plus long terme, l'écart entre les patrons chinois et étrangers s'estompe. Ensemble, ils sont optimistes à 64 % sur l'évolution de leur chiffre d'affaires d'ici à trois ans. Ils sont 77 % aux Etats-Unis et 72 % en France.

En règle générale, les entreprises se sont adaptées à la crise sanitaire et vivent avec. La principale préoccupation des patrons concerne les risques liés à la cybersécurité. « Dans un monde de plus en plus numérisé auquel la crise sanitaire a donné un nouveau coup de fouet avec la hausse des achats via Internet, il est logique que les patrons se préoccupent de la sécurité de leurs infrastructures informatiques pour répondre aux nouveaux usages de leurs clients », explique Patrice Morot.

La décarbonation à la traîne

Les chefs d'entreprise français se distinguent de leurs homologues étrangers par le fait qu'ils placent, pour 40 % d'entre eux, les risques géopolitiques au deuxième rang de leurs inquiétudes. Sans doute faut-il y voir la forte dépendance des grands groupes mondiaux français aux importations, avance PwC. Les risques de rupture d'approvisionnement et les pénuries qui en découlent sous-tendent le débat actuel des relocalisations d'activité en France.

A l'heure où la lutte contre le changement climatique prend de l'ampleur dans un contexte de décarbonation de l'industrie, les patrons admettent un retard certain. Seulement 22 % d'entre eux ont pris des mesures en faveur de la neutralité carbone et 29 % prévoient de le faire.

« Pour les deux tiers, ce sont des dirigeants d'entreprises mondiales. Si nous assistons à une véritable prise de conscience sur le sujet, les dirigeants des entreprises de taille intermédiaire abordent plus difficilement les enjeux climatiques », tempère Patrice Morot.