Samedi, lors d'une opération de contrôle à la frontière, 172 kg avaient été saisis.

Ces fusées, chandelles et autres pétards partiront en fumée, mais pas comme l'avaient anticipé leurs acheteurs: après confiscation et notification d'un rappel à la loi, ils seront détruits par des artificiers. 

"L'année dernière, 65 personnes se sont blessées dont 40% de mineurs et quatre qui auront des séquelles définitives", a rappelé le directeur de cabinet du préfet du Bas-Rhin, Dominique Schuffenecker, lors de l'opération de contrôle lundi. Celle-ci a été menée à la frontière entre l'Allemagne et la France, auprès de piétons, d'automobilistes et d'usagers du tramway qui relie la ville allemande de Kehl à Strasbourg. 

Outre l'interdiction de transporter des pétards dans les transports en commun, ce contrôle visait à faire respecter celle d'en ramener d'Allemagne.

"La réglementation est plus libérale en Allemagne donc les gens ont tendance à en acheter là-bas et à les importer pour les utiliser le soir du Nouvel An en Alsace", où la tradition veut que le réveillon soit célébré à grand renfort d'explosions, a rappelé M. Schuffenecker.

Comme les années précédentes, un arrêté préfectoral est venu durcir de début décembre à début janvier les règles entourant les pétards dans le Bas-Rhin. Il interdit notamment de les transporter et de les manier dans tous les lieux de grand rassemblement et d'utiliser ceux "susceptibles d'être détournés pour un usage à tir tendu vers les personnes". 

Amine, 22 ans, a été contrôlé alors qu'il revenait à Strasbourg en voiture après avoir acheté avec deux copains pour 180 euros de pétards divers à Kehl. "Ca me servira de leçon, j'ai gaspillé de l'argent pour rien", a-t-il résumé, admettant qu'il "savait" braver une interdiction. 

Mains arrachées, doigts amputés, yeux blessés... "Le but aujourd'hui est d'expliquer aux gens que parfois le jeu n'en vaut pas la chandelle", selon le commissaire Eric Boulli.

La préfecture mise aussi sur la prévention, via des actions de sensibilisation menées dans les collèges, qui ont touché 10.000 adolescents cette année. 

L'an dernier, deux jeunes hommes, un adolescent de 15 ans et un adulte de 20 ans, avaient eu des doigts amputés à cause de pétards. En 2012 et 2013, trois personnes étaient mortes lors du réveillon.