Un oeuf qui ne s'est pas écrasé sur sa cible. Et beaucoup, beaucoup de restaurateurs qui ont exprimé leur gratitude pour les aides touchées pendant la crise, mais aussi leurs difficultés à recruter aujourd'hui. C'est ainsi qu'Emmanuel Macron a été accueilli lundi à Lyon dans les allées du Salon international de la restauration, de l'hôtellerie et de l'alimentation (Sirha).

La difficulté à recruter, c'est d'ailleurs la première question soulevée par un restaurateur lors d'un échange avec des professionnels à l'arrivée du chefde l'Etat au Salon. « Vous soulevez un sujet clé, celui de la main-d'oeuvre », lui a répondu Emmanuel Macron avant de désigner « trois leviers » pour tenter de remédier à ce sujet.

Trois leviers

Cela a d'abord été pour le président de la République l'occasion de justifier la réforme de l'assurance-chômage, dont la partie controversée et dénoncée par les syndicats doit entrer en vigueur au 1er octobre. Elle permet, a-t-il défendu, de « rendre beaucoup plus attractif le travail que l'inactivité ». Deuxième levier, la formation, a insisté Emmanuel Macron, évoquant le plan dévoilé, dans « Les Echos », par le Premier ministre, Jean Castex. « On va investir, en complément de ce qu'on a déjà fait, 1,5 milliard », a-t-il insisté.

Dernier levier, Emmanuel Macron a évidemment soulevé la question de l'attractivité des métiers. « Il faut travailler tous ensemble. Il faut réfléchir aux cycles horaires, à l'organisation du travail, aux temps de vie. On peut être collectivement plus intelligent », a avancé le chef de l'Etat, sans brusquer les professionnels pour avancer avec des négociations de branche sur le sujet ou sur celui des salaires.

Proposition du MoDem

S'agissant de la rémunération justement, Emmanuel Macron a donné son feu vert à la proposition du MoDem de défiscaliser et désocialiser les pourboires par carte Bleue. « Ce seront des pourboires sans charges pour les employeurs et sans impôt pour les salariés. C'est une mesure qui ne coûte rien puisque, aujourd'hui, ça ne marche pas. Si c'est versé, c'est du pouvoir d'achat en plus, c'est que du positif », a-t-il assuré. Une mesure qui doit entrer en vigueur en janvier 2022, après le vote du projet de loi de finances pour 2022, mais dont il est difficile d'anticiper l'impact.

Alors que la droite accuse Emmanuel Macron de faire campagne avec le « chéquier de la France » et des mesures catégorielles à chacun de ses déplacements, l'annonce ne prête pas, là, le flanc à cette critique. S'il s'avère dans sa rédaction au Parlement qu'elle est plafonnée ou à durée limitée dans le temps, elle pourrait même, si les pourboires électroniques se développent, rapporter un peu. Interrogé sur les dépenses, le chef de l'Etat n'a pas manqué de défendre mordicus le « quoi qu'il en coûte ». « En mars 2020, il n'y avait pas beaucoup de monde pour prendre ses responsabilités, a-t-il taclé. Il était normal d'aider ces secteurs, sinon nous aurions eu beaucoup d'entreprises en faillite et des salariés au chômage, j'assume cette méthode. [...] On a fait mieux que tenir, on est en train de rebondir. »