Pas besoin de devenir microentrepreneur (ex-autoentrepreneur) pour tester sans risque, ou presque, son idée d'entreprise.

Pour cela, on peut aussi intégrer une couveuse d'entreprise, une coopérative d'activités ou recourir au portage salarial.

Les premiers mois en couveuse

Une quarantaine de couveuses d'entreprises existent partout en France. Ce sont des structures associatives, généralistes ou spécialisées par secteur : construction, commerce, etc. La liste est disponible sur le site internet de l'Union des couveuses jetestemonentreprise.com

En couveuse, le porteur de projet, demandeur d'emploi ou non, trouvera des formations, collectives ou individualisées, avec la possibilité d'obtenir une certification professionnelle d'entrepreneur. Si besoin, les premiers clients sont facturés par la couveuse, laquelle reverse les montants au porteur de projet après déduction d'une commission de 10 %.

« Avec ou sans client, l'entrepreneur en devenir bénéficie d'un suivi pas à pas. On met en place une feuille de route avec des objectifs sur tous les sujets clé. Puis on fait des points réguliers. Rencontrer un conseiller tous les 15 jours, ça vous booste », détaille Guillaume Le Niliot, directeur de Breizh Couv à Lorient (Morbihan). D'après l'Union des couveuses, après 13 mois d'accompagnement en moyenne, la moitié des porteurs de projet sautent le pas de la création d'entreprise.

Lisser ses revenus en coopérative

La Coopérative d'activités et d'emploi (CAE) fonctionne sur un modèle dit d'entrepreneur salarié. Il existe 150 CAE en France accompagnant 12.000 entrepreneurs dans des secteurs diversifiés. Dans un premier temps, le principe est quasi identique à une couveuse. Des formations individuelles et collectives sont dispensées pour affiner son projet, monter un business plan et trouver ses premiers clients.

« Cela permet de démarrer sans se poser la question du statut et de bénéficier d'un accompagnement pour transformer son expertise en projet entrepreneurial viable », témoigne Cécile Malaterre, consultante indépendante (CAE La Maison de l'Initiative à Toulouse). Ces structures coopératives valorisent aussi l'entraide et la collaboration entre leurs membres.

Puis lorsque l'activité génère un chiffre d'affaires suffisant, la coopérative propose de signer un CDI d'entrepreneur salarié. La CAE facture toujours la prestation. Les revenus sont transformés en salaire et lissés pour bénéficier d'un revenu stable et d'une couverture sociale optimum. En contrepartie des services mutualisés de la coopérative, l'entrepreneur verse une « contribution » comprise entre 10 et 13 % en moyenne du chiffre d'affaires.

Rester salarié avec le portage

Enfin, reste la solution plus connue du portage salarial, adaptée à toutes les prestations de service. « Pour ceux qui n'ont pas de visibilité pour créer une structure juridique, cela permet de tester un service par petites touches avant de trouver un rythme de croisière », résume François Jenny, président du syndicat du portage salarial PEPS.

Outre le statut sécurisant de salarié, l'autre avantage majeur est de pouvoir se décharger de toute la gestion administrative. La société de portage qui assure cette tâche se rémunère en prenant une commission de 6 à 10 % sur le chiffre d'affaires. Certaines sociétés de portage, comme ITG ou JAM, proposent à leurs consultants des formations sur l'approche commerciale, l'appel d'offres, la gestion du temps...