La fierté de coq gaulois des Français en a pris un coup. Alors que les Américains, les Allemands, les Anglais, les Russes et les Chinois ont réussi à mettre au point des vaccins contre le Covid, la France n'y est pas parvenue. Ceci alors qu'elle abrite Sanofi, un des grands acteurs mondiaux du vaccin, et que Merck-MSD a tenté en vaind'industrialiser une technologie issue de l'Institut Pasteur. De quoi s'interroger sur la qualité de la recherche en France et notamment de la recherche publique dans son articulation avec les entreprises.

Les entreprises ont pourtant une bonne opinion de la recherche publique, selon un baromètre réalisé par Opinion Way pour le compte du réseau des Instituts Carnot. Avec cette enquête, les 39 instituts labellisés Carnot par le Ministère de la Recherche pour leur engagement dans des partenariats avec les entreprises veulent mieux connaître l'opinion de ces dernières et les freins qui les empêchent de recourir davantage à la recherche publique - pour tenter de les lever.

Pas facile d'accès

L'enquête réalisée fin 2020 auprès de plus de 600 entreprises de toutes tailles et de tout secteur montre que l'image de la recherche est bonne (à 81 %), et que lorsqu'elles y recourent, les entreprises s'en disent satisfaites à 94 %. Les opinions sur sa contribution à la croissance, à l'activité économique, au développement régional et à l'emploi tout en étant très positives pour 75 à 82 % des sondés, sont cependant en recul de 4 à 6 % par rapport à 2019.

Quelque 43 % des entreprises sondées trouvent par ailleurs que la recherche publique n'est pas d'accès facile. Sur les 83 % qui n'y ont jamais eu recours, 26 % invoquent d'ailleurs des démarches trop complexes. Cela explique sans doute en partie que, lorsqu'elles conçoivent un projet d'innovation, les entreprises se tournent à 38 % vers la recherche publique mais à 46 % vers les cabinets de conseil.

Changement culturel

Elles aspirent pour 35 % d'entre elles à une meilleure information sur l'offre et sont aussi 35 % aussi à vouloir s'adresser à un interlocuteur unique. Ces deux démarches sont déjà à l'oeuvre, si ce n'est dans l'ensemble de la recherche publique, en tout cas au sein des Instituts Carnot. « Il y a eu un changement culturel ces dernières années, juge Alain Duprey, directeur général de l'Association des instituts Carnot, et les instituts jouent un rôle d'accélérateur avec la mise en place d'un marketing stratégique qui s'efforce d'identifier les besoins ». Cela devrait porter ses fruits dans les prochaines années, dit-il.

« Il y a une marge de progression », reconnaît pour sa part Philippe Véron, le président de l'Association des instituts Carnot, tout en soulignant le chemin parcouru depuis la création du label en 2006 avec un chiffre d'affaires contractuel avec les entreprises qui est passé de 186 à 527 millions d'euros. « Notre ambition serait d'atteindre le milliard d'ici à 2030 », dit-il.

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