Du crowdfunding pour sauver les abeilles ! Toutes les abeilles, y compris les osmies, ces petites abeilles sauvages qui ne piquent pas, ne produisent pas de miel et vivent seules, mais qui sont indispensables à la pollinisation. En 2020, l'entreprise Un Toit pour les abeilles a lancé une première campagne en financement participatif sur la plateforme KissKissBankBank pour son projet Les Dorloteurs d'abeilles. Objectif : 5.000 euros pour lancer la production d'abris pour les osmies et recruter des dorloteurs, des particuliers qui installent ces nichoirs dans leur jardin ou sur leur rebord de fenêtre. Au final, en plein confinement, la campagne a clôturé à 86.664 euros !

Nouveau crowdfunding en 2021 : quatre jours ont suffi pour dépasser le seuil minimal de 7.000 euros. L'opération s'est terminé le 12 mars et a recueilli 37.645 euros. Derrière ces deux succès : l'équipe d'Un Toit pour les abeilles. Cette société créée à La Rochelle en 2010 compte 15 salariés et a enregistré 3 millions de chiffre d'affaires l'an dernier. Pendant 10 ans, son cheval de bataille a été la sauvegarde des abeilles domestiques. L'an dernier, elle elle l'a élargi aux osmies, avec son projet les Dorloteurs. Une initiative qui a réussi à mobiliser une large communauté.

Comment préparer, lancer et animer sa campagne de financement participatif ? Le fondateur d'Un Toit pour les abeilles, Régis Lippinois, et la cheffe de projet, Pauline Jung, nous livrent leurs conseils pour un crowdfunding réussi.

#1. Bien choisir la plateforme

En matière de crowdfunding, le choix est vaste. Il existe des plateformes thématiques, régionales, spécialisées par type de levées de fonds... L'association professionnelle Financement participatif France propose des outils pédagogiques pour préparer sa campagne et une liste complète de ses adhérents.

Un Toit pour les abeilles n'en était pas à sa première opération au moment du lancement de son projet Les Dorloteurs. L'entreprise avait déjà eu recours à KissKissBankBank pour une de ses campagnes précédentes. Satisfaite de l'accompagnement dont elle a bénéficié, l'entreprise s'est à nouveau tourné vers cette plateforme.

#2. Définir un objectif réaliste

L'une des premières contraintes est de déterminer son objectif financier. En gardant en tête le risque... Si l'objectif n'est pas atteint, l'entreprise ne percevra pas la somme affichée au compteur. « Il faut éviter les objectifs trop ambitieux », confirme Pauline Jung. Sinon, la campagne n'aura servi à rien.

Les plateformes prélèvent une commission dont il faut tenir compte. KissKissBankBank par exemple s'attribue une commission de 8 % sur le montant total levé.

#3. S'appliquer sur la présentation

La page d'accueil sur la plateforme de crowdfunding constitue la vitrine, la plaquette de présentation du projet. Veillez à ce que les visuels soient parfaits, adoptez un ton enthousiaste, et ne laissez rien au hasard, traquez par exemple les fautes d'orthographe. « Il faut savoir s'entourer de professionnels. Nous avions une graphiste en interne et je me suis occupée de la partie rédactionnelle moi-même », précise Pauline Jung.

Assurez-vous que tout soit très compréhensible. Les contreparties doivent être bien explicitées afin d'éviter déceptions et désillusions. La page comporte toujours une vidéo de présentation. Une bonne vidéo peut booster un projet, car elle peut être largement partagée. Un Toit pour les abeilles a fait appel à un prestataire externe pour cette vidéo explicative « La vidéo, très pédagogique, a sans doute beaucoup joué dans la campagne », reconnaît Régis Lippinois.

#4. Démarrer vite et fort

Les Dorloteurs d'abeilles ont chaque fois débuté leur communication deux à trois semaines avant le lancement officiel. Pour la première campagne, tout était à construire. Il fallait mobiliser en s'appuyant sur le réseau d'Un toit pour les abeilles, et en cherchant des personnes sensibilisées à la préservation de la biodiversité. « Nous avons essayé de constituer une micro-communauté de suiveurs et surtout, de créer de l'attente », explique la cheffe de projet.

Ce teasing est primordial avant le jour J de l'ouverture de la campagne. Parce que, à ce moment-là, il faut tout donner. « Lorsqu'il y a beaucoup de participation dès le premier jour, le projet remonte dans les résultats de recherche sur Internet, ce qui lui donne plus de visibilité. Il y a alors un effet boule de neige très positif. Il faut donc réussir à générer du trafic sur la page dès les premières heures », détaille Pauline Jung.

#5. Investir les réseaux sociaux

Pour mobiliser une communauté, les réseaux sociaux sont de redoutables alliés. « Avec eux, nous avons la possibilité de toucher notre coeur de cible en paramétrant nos posts sponsorisés et en rentrant des mots-clefs tels qu'abeilles, écologie, insecte ou apiculture », explique la cheffe de projet d'Un Toit sur les abeilles. Plus les posts sont ciblés, plus on touche ceux et celles susceptibles de participer au financement. Et pas besoin d'y mettre beaucoup d'argent insiste Pauline Jung : « Avec 15 à 20 euros de sponsorisation, nous bénéficions déjà d'une belle visibilité ».

La plateforme peut aussi vous donner un coup de pouce en vous mettant en avant... Pour Les Dorloteurs, au vu du succès de la première campagne, KissKissBankBank a cherché à booster la deuxième. « Ils ont vu l'intérêt de nous mettre en avant sur leurs newsletters et ont aussi fait leur propre sponsorisation sur les réseaux sociaux. »

#6. Donner du sens

Ce n'est pas le conseil le moins important, loin de là... Régis Lippinois, le fondateur d'Un Toit pour les abeilles, en est convaincu. Si les deux campagnes de financement participatif Les Dorloteurs ont rencontré autant de succès, elles le doivent beaucoup à leur objectif même. « C'est un projet porteur de sens. Il y a un fort capital sympathie pour ce type de sujets », conclut l'entrepreneur.