Il n'y aura en définitive pas de nouvelle baisse de l'indemnisation du chômage partiel dès le mois prochain. Du côté du patronat, qui était monté au créneau la semaine dernière sur le sujet, on jugeait « probable » ces derniers jours que le nouveau coup de frein en projet s'applique plutôt en septembre que le 1er juillet. Le scénario a été confirmé par le gouvernement lundi matin.

Au 1er juin est intervenue une baisse de l'indemnisation des employeurs. Ces derniers doivent toujours assurer à leurs salariés mis en chômage partiel au moins 84 % de leur salaire net (100 % au SMIC). Mais le remboursement par les pouvoirs publics est passé de 100 % des sommes versées à 85 %. Matignon était sur la ligne du ministère du Budget, qui défendait l'idée d'une nouvelle baisse concernant les employeurs mais aussi, cette fois-ci, l'indemnisation des salariés dès le 1er juillet.

En fin de semaine dernière et jusqu'à ce matin, du côté patronal, on avait senti une « évolution » du côté du Premier ministre, mais tout le monde n'avait pas abandonné la partie à Bercy. Bourde ou coup de pression ? La secrétaire d'Etat auprès de Bruno Le Maire, Agnès Pannier-Runacher, avait affirmé vendredi (même si elle avait démenti ensuite) que la diminution de la voilure interviendrait le 1er juillet, suscitant des protestations du côté du patronat comme des syndicats.

« Je ne suis pas favorable » à la baisse de l'indemnisation pour les salariés, a affirmé le ministre de l'Economie sur Franceinfo lundi matin, tout en estimant (sans se prononcer sur le calendrier) qu'il fallait continuer à diminuer la prise charge pour l'employeur afin de favoriser la relance de l'économie. « L'essentiel est d'inciter les entreprises à reprendre l'activité, je dis bien les entreprises », a-t-il insisté.

« Il n'y aura aucun changement d'indemnisation pour les salariés et les entreprises concernant l'activité partielle [chômage partiel, NDLR] au 1er juillet », a indiqué l'entourage de la ministre du Travail, pour couper court au flou ambiant sur le calendrier, précisant que « la concertation se poursuit » avec les partenaires sociaux. Ce lundi, Muriel Pénicaud achève en effet la consultation des numéros un qu'elle a entamée vendredi. « On a commencé à discuter d'une nouvelle marche à la rentrée, mais il faut qu'elle ne soit pas trop forte, sinon l'alternative ce sera le chômage plus partiel », a averti Geoffroy Roux de Bézieux.

Moment de vérité

Au-delà de la seule question du calendrier, qui va donc s'étirer un peu (sans doute jusqu'à la rentrée de septembre), la discussion sur l'évolution des paramètres reste très sensible. Alors que le projet sur la table consisterait à réduire à nouveau l'indemnisation des employeurs, mais aussi celle des salariés de 70 % à 60 % du brut, Bruno Le Maire a déclaré qu'il « considère que l'ajustement qui a été fait depuis le 1er juin en faisant porter aux entrepreneurs une charge un peu plus élevée, mais qui reste raisonnable, était le bon ».

« Je considère que c'est dans cette direction-là qu'il faut continuer », a-t-il ajouté. « Il y a derrière une question de justice et d'efficacité économique : nous avons aussi besoin d'avoir des salariés qui peuvent consommer, qui peuvent participer à la reconstruction économique que le président de la République a appelée de ses voeux », a-t-il affirmé. « Après juillet et août, viendra le moment de vérité sur la situation de chaque entreprise » et donc sa capacité à préserver l'emploi, explique une source gouvernementale.