Une petite éclaircie dans un ciel plutôt gris et plombé. Malgré la crise sanitaire qui n'en finit pas, l'objectif du gouvernement d'une croissance bondissant de 6 % cette année n'apparaît pas hors de portée, au vu des dernières prévisions économiques. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a ainsi annoncé mardi tabler sur une progression de l'activité de 5,9 % en France en 2021, tandis que la Banque de France maintient qu'elle sera « d'au moins 5 % ».

Cette croissance sera « l'une des plus fortes d'Europe, nettement supérieure à la moyenne européenne », a assuré sur France Info le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. De fait, l'activité a été meilleure que prévue fin 2020 et dans les premières semaines de l'année, donnant d'ores et déjà un acquis de croissance pour cette année d'environ 4 %. Un rythme amené à s'accélérer avec l'amélioration espérée de la situation sanitaire.

« Devant nous, nous avons une deuxième étape qui va durer un an à peu près » et « qui est au fond un faux plat, c'est-à-dire qu'il y aura moins d'accidents et qu'on va continuer à remonter en pente douce », a avancé le banquier central. De quoi toujours espérer voir le niveau d'activité revenir à son niveau d'avant-crise d'ici le printemps ou l'été 2022, alors qu'il est actuellement 5 % en dessous.

Bercy « prudent et optimiste »

A Bercy, on affirme rester « prudent et optimiste ». « Un reconfinement général s'éloigne chaque jour, et nous constatons une bonne reprise des secteurs qui ne sont pas concernés par les mesures de fermeture », indique une source ministérielle. Depuis plusieurs semaines, les équipes du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, martèlent que la priorité est d'accélérer la mise en oeuvre du plan de relance malgré la crise, avec 26 milliards d'euros sur un total de 100 milliards qui seraient déjà engagés. Des mesures destinées à inciter les Français à dépenser l'épargne accumulée - avec notamment la piste des donations entre générations - ont été mises à l'étude pour nourrir la reprise.

Dans l'attente du retour des « jours heureux », l'exécutif va en tout cas continuer d'arroser l'économie en aides d'urgence aux entreprises. Au dernier décompte réalisé, il s'avère que 77 milliards ont finalement été dépensés l'an dernier, alors que le dernier budget rectificatif prévoyait 87 milliards. Le plus gros poste reste l'activité partielle, qui a représenté pas moins de 27,6 milliards d'euros. Vient ensuite le Fonds de solidarité, pour lequel 15,7 milliards ont été engagés, soit 4 milliards de plus que ce qui avait été constaté il y a six semaines. Les exonérations de charges ont, elles, représenté 8,2 milliards.

Enveloppe de 39 milliards

Pour l'année en cours, Bercy a encore de quoi voir venir. Une enveloppe de près de 39 milliards d'euros avait été prévue dans le budget pour les aides aux entreprises. A ce stade, moins de 10 milliards ont déjà été engagés. Le Fonds de solidarité a déjà généré environ 340.000 demandes payées au titre du mois de janvier pour un total de 1,95 milliard d'euros. La prévision est de 3 milliards d'euros pour février.

Cela ne tient pas compte du nouveau dispositif couvrant les frais fixes des entreprises, appelé à coûter 300 millions d'euros par mois sur les trois premiers mois de l'année, et qui devrait commencer à être déboursé la semaine prochaine. Enfin, le montant engagé pour l'activité partielle en janvier est de 1,6 milliard. Bruno Le Maire a déjà annoncé que la sortie de ces programmes d'aides serait « progressive » une fois la crise sanitaire terminée.