La petite société BBFil va commercialiser d'ici à l'année prochaine une imprimante 3D grand public qui pourra imprimer de petits aimants. Une première mondiale. En effet, jusqu'à présent, la fabrication additive qui fonctionne par dépôts successifs de filaments de plastique ou de métal ne permettait pas de fabriquer des aimants puisque sous l'effet de la chaleur, le matériau perdait ses propriétés magnétiques. « Nous avons débloqué le verrou technologique avec un procédé particulier qui associe une imprimante modifiée et un filament spécifique qui contient un matériau composite ferromagnétique », résume Samuel Kenzari, ingénieur de recherche au sein de l'Institut Jean Lamour qui dépend du CNRS et de l'université de Lorraine.

Stimuli magnétiques

Au-delà de cette invention, il s'agit aussi d'un premier pas vers de nouvelles applications et notamment l'impression 4D, un processus par lequel un objet imprimé en 3D peut se modifier lui-même, changer de forme ou de fonction au cours du temps (la quatrième dimension) grâce à l'impulsion d'une énergie externe. « On peut désormais envisager des objets imprimés en 3D et capable de bouger tout seul grâce à des stimuli magnétiques. Imaginez un papillon capable de voler grâce à des ailes aimantées actionnables à distance », précise Samuel Kenzari.