Qu'est-ce que la RSE ?

Dossier
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Encore inconnue du grand public il y a quelques années, la « responsabilité sociétale de l’entreprise » s’impose progressivement au sein des entreprises. TPE et PME, comment aborder la RSE dans vos structures ?

Qu'est-ce que la RSE ?

La « responsabilité sociétale de l’entreprise » (RSE) s’impose progressivement au sein des TPE et PME. Qu’est-ce qu’une entreprise responsable en matière de RSE ? Comment l’aborder et l’instaurer dans votre entreprise ?

La RSE, définition

RSE est l’abréviation de « responsabilité sociétale des entreprises » aussi parfois appelée « responsabilité sociale des entreprises ». La RSE est définie par la Commission européenne comme étant « l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et à leurs relations avec leurs parties prenantes ».
La norme ISO 26000 fait office de référence pour les organismes qui souhaitent s’engager dans une démarche de RSE. Elle énonce 8 lignes directrices autour desquelles peuvent s’articuler les actions des entreprises :
1.    la gouvernance de l’organisation
2.    les droits de l’homme
3.    les relations et conditions de travail
4.    l’environnement
5.    la loyauté des pratiques
6.    les questions relatives aux consommateurs
7.    les communautés et le développement local.

dessin humoristique d'une réunion de travail ou le patron donne une version personnelle de la RSE, la Responsabilité Sociétale des Entreprises devient : Rien Sans Effort.

L’intégration de la RSE, quelles obligations pour l’entreprise ?

Depuis 2019, la loi Pacte précise que « dans leur gestion, les sociétés doivent prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux de leur activité (RSE) », ce qui apporte une première dimension légale à l’intégration de la RSE dans les politiques d’entreprises.
La loi Pacte précise aussi que les entreprises qui se portent volontaires peuvent intégrer une « Raison d’être » précisant des objectifs sociaux et environnementaux dans leurs statuts et adopter ainsi la qualité de « Société à Mission ». Cela implique d’être contrôlé par un comité spécifique qui surveillera le respect de ces engagements.
Les grandes entreprises et celles cotées en bourse sont par ailleurs soumises à une réglementation spécifique qui leur impose entre autres de publier un « reporting extra-financier » faisant état de l’impact sociétal et environnemental de leurs activités. Les PME peuvent être impactées indirectement par ces mesures pour un développement durable, car les grandes entreprises sont nombreuses à demander à leurs sous-traitants de respecter les mêmes critères d’impact sociaux et environnementaux qu’elles.

Pourquoi intégrer la RSE à son entreprise, quels en sont les avantages ?

La RSE ou « responsabilité sociétale des entreprises » prend de plus en plus d’importance dans les politiques des entreprises. Cela en raison de l’intérêt croissant que porte la société civile aux questions environnementales et sociales ainsi qu’à la place prépondérante des entreprises au cœur de notre société.  
Au-delà du simple cadre légal, la réputation et la pérennité d’une entreprise reposent de plus en plus sur sa capacité à accompagner et à s’adapter aux grands sujets de société comme le développement durable.  
Les avantages à favoriser une politique RSE sont les suivants :

  • À court terme s’engager dans des actions RSE permet de booster votre marque employeur. En effet, un cadre de travail agréable, une activité respectueuse de l’environnement et le sentiment de faire partie d’une entreprise responsable sont autant de points positifs qui donnent un avantage concurrentiel à votre entreprise sur le marché du travail. Un avantage à ne pas négliger !
  • À moyen terme, une démarche RSE permet d’anticiper les risques pour votre entreprise et de faire des économies financières par exemple en réduisant vos factures d’énergies ou vos coûts de mises en conformité en prenant les devants de nouvelles dispositions légalement contraignantes. Cela vous permet ainsi de saisir les nouvelles opportunités (nouveaux produits, plus respectueux de l’environnement) avant vos concurrents.
  • À plus long terme, c’est la pérennité de l’entreprise qui est en jeu. Dans un contexte où les consommateurs et la société sont plus que jamais sensibles aux questions environnementales et sociales, il semble difficile de s’adapter à long terme, sans intégrer des dimensions de développement durable dans son entreprise.
Comment initier une démarche de RSE ?

De nombreuses ressources existent pour engager votre entreprise dans une démarche de RSE. La plateforme RSE de France Stratégie est un bon point de départ pour en appréhender les enjeux. La CCI est également un interlocuteur clé pour initier votre démarche RSE, notamment via Mon entreprise Responsable qui aide à lancer et à valoriser les actions des entreprises dans le développement durable. Une première action peut consister à signer une charte contraignante qui impose des actions concrètes. Par exemple, la Charte de la Diversité, qui oblige à des bilans réguliers faisant état des actions mises en place pour favoriser le vivre ensemble dans l’entreprise.

Les axes environnementaux

Pour agir en faveur des problématiques environnementales une entreprise peut mettre en place ces actions par exemple :

  • Une consommation d’eau et d’énergie raisonnée : dans l’industrie cela peut passer par une adaptation des processus de fabrication. La rénovation thermique des bâtiments et l’alimentation du site par des énergies renouvelables sont autant de solutions relativement simples à mettre en place. La sensibilisation des salariés est aussi primordiale.
  • L’utilisation de produits non toxiques et une politique recyclage : là aussi, votre entreprise peut optimiser son empreinte écologique en remplaçant autant que possible les matières premières et les produits d’entretien polluants par des procédés moins nocifs (produits de nettoyage naturels, encre d’imprimante, etc.)
  • Des efforts en faveur de l’économie circulaire : cela se traduit par une production de biens et de services responsables, soucieux de limiter la consommation et le gaspillage. Concrètement, cela signifie entre autres raisonner ses achats, allonger la durée de vie de ses équipements et recycler les appareils en fin de vie. Autant de gestes qui peuvent être source de bénéfices financiers sans constituer une contrainte pour votre entreprise.
La RSE : les axes liés aux impacts sociaux du travail

La question du travail et du bien-être des salariés est aussi au cœur de la responsabilité sociétale des entreprises. La qualité de vie au travail (QVT) regroupe les éléments qui améliorent le bien-être physique et mental des salariés.
Cela passe par la lutte contre les maladies et troubles professionnels (liés par exemple au travail à la chaine), à la réduction de la pénibilité (pour les travaux manuels) et la prévention des risques psychosociaux (burn out).
Par ailleurs, la question de l’organisation du travail est primordiale et en lien avec le management participatif et l’écoute des salariés. S’engager en faveur de la diversité, de la non-discrimination et de l’accessibilité de ses locaux aux personnes en situation de handicap participe également des compétences RSE des entreprises.
Au-delà du simple cadre de son activité, une entreprise peut également chercher à avoir un impact à l’échelle territoriale, en favorisant les partenaires et l’emploi local et en prenant garde de réduire ses nuisances pour les riverains.

La RSE : les axes liés à la gouvernance

La gouvernance concerne les bonnes pratiques dans la direction stratégique d’une entreprise. Plutôt réservée aux grandes entreprises, s’engager dans cet axe implique par exemple de favoriser le dialogue et la co-construction en bonne intelligence avec les partis prenants, salariés et actionnaires. Cela passe aussi par une lutte transparente contre toute possibilité de corruption ainsi que dans des engagements à ne pas pratiquer d’optimisation fiscale « agressive ».
Véritable sujet de société, la RSE ou « responsabilité sociétale de l’entreprise » présente des contraintes et des avantages pour les entreprises et nécessite un engagement fort notamment dans le développement durable. Une démarche opportuniste visible, non suivie d’actions, risque de vous faire passer complètement à côté de ses bienfaits sociaux et économiques recherchés.