Les RPS (risques psychosociaux) en entreprise : les identifier et trouver des solutions

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L’employeur a un rôle à jouer dans la prévention des risques psychosociaux (RPS) dans l’entreprise. Voici notre dossier spécial solutions sur les RPS !

L’employeur a un rôle à jouer dans la prévention des risques psychosociaux (RPS) dans l’entreprise. Voici notre dossier spécial solutions sur les RPS !

Les RPS (risques psychosociaux) en entreprise : les identifier et trouver des solutions

Quelle que soit la taille de votre entreprise, vous avez l’obligation réglementaire d’évaluer et prévenir les risques psychosociaux (RPS) de vos salariés, comme tous les autres risques professionnels.

Le ministère du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion définit les risques psychosociaux (RPS) comme un « risque pour la santé physique et mentale des travailleurs ». Ces RPS, qui concernent toutes les entreprises, peuvent être causés par différents facteurs, liés à la fois aux conditions d’emploi, à l’organisation du travail des employés et aux relations de travail. En tant qu’employeur, vous êtes légalement tenu de protéger vos salariés de ces risques psychosociaux en adoptant une démarche de QVT. Nous vous expliquons comment procéder pour limiter les RPS dans votre entreprise.

  Risques psychosociaux (RPS), de quoi parle-t-on ?

Il existe quatre catégories de risques psychosociaux en entreprise, qui peuvent se combiner et interagir :

  1. le stress provenant du sentiment du collaborateur de ne pas atteindre les exigences ou les attentes demandées (surcharge de travail, manque de moyens, manque d’autonomie…) ;
  2. les violences internes commises par des travailleurs (conflits majeurs, harcèlement moral ou sexuel...) ;
  3. les violences externes, exercées par des personnes extérieures à l’entreprise à l’encontre des salariés (insultes, menaces, agressions…) ;
  4. le syndrome d’épuisement professionnel.

Les risques psychosociaux ou RPS peuvent concerner tous les collaborateurs de votre entreprise, quels que soient leur âge, leur sexe, leur métier, leur position hiérarchique, etc. Les RPS favorisent l’apparition de troubles de santé, notamment de maladies cardio-vasculaires, d’affections psychiques, d’épuisement professionnel (burn-out), et, dans certains cas, ont poussé des salariés jusqu’au suicide.

L’enquête Conditions de travail – Risques psychosociaux, publiée par la Dares (Direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques), a identifié les situations de travail qui accroissent l’exposition aux différents facteurs de risques psychosociaux. Ainsi, en 2019, 45 % des salariés français déclarent devoir « toujours » ou « souvent » se dépêcher dans leur travail, 30 % devoir « fréquemment interrompre une tâche pour une autre non prévue », ce qu’ils considèrent comme « un aspect négatif de [leur] travail », et 27 % devoir « toujours » ou « souvent » cacher leurs émotions et faire semblant d’être de bonne humeur sur leur lieu de travail. Dans l’étude précédente, en 2016, 9 % des salariés affirmaient devoir faire dans leur travail des choses qu’ils désapprouvent et 20 % craignaient de perdre leur emploi. Enfin, 64 % des actifs occupés déclarent manquer d’autonomie dans leur travail.

  Identifier les facteurs de risques psychosociaux dans votre entreprise

Car les facteurs à l’origine des risques psychosociaux sont multiples. En 2011, les RPS ont été synthétisés par un collège d’experts dans le rapport Bodier et Gollac, rédigé à partir de travaux de recherche menés en France et à l’étranger, et regroupés en six facteurs de risques au travail :

  • Exigences au travail

Le facteur « Exigences au travail » concerne l’intensité et le temps de travail du salarié, notamment les délais manquant de clarté, la surcharge des tâches, l’intensification des horaires, les interruptions régulières.

  • Exigences émotionnelles

Fréquemment rencontré dans les métiers de services, mais pas exclusivement, le facteur « Exigences émotionnelles » apparaît quand le salarié rencontre des difficultés à gérer émotionnellement ses relations avec autrui : des contacts difficiles avec différents interlocuteurs, le fait de devoir masquer ses émotions réelles devant ses interlocuteurs, le fait de subir des violences physiques ou verbales, etc.

  • Manque d’autonomie

Le manque d’autonomie, facteur de RPS, se manifeste par exemple par de faibles marges de manœuvre pour réaliser les tâches, des contraintes de rythme de travail et une sous-utilisation des compétences du collaborateur.

  • Rapports sociaux au travail dégradés

Les facteurs de risques de ce quatrième axe se caractérisent par des relations conflictuelles avec les collègues ou la hiérarchie, une absence de perspective de carrière, un manque de reconnaissance du travail effectué, une vision floue des tâches à accomplir, du harcèlement moral, etc.

  • Conflits de valeur

Un travailleur peut se retrouver dans une situation de conflits de valeurs, facteur de risques psychosociaux, s’il est par exemple confronté à la perte ou l’absence du sens du travail qui lui est confié ou s’il a l’impression d’effectuer un travail inutile.

  • Insécurité de la situation de travail

Qu’il s’agisse d’un contrat précaire, d’un salaire versé en retard ou encore d’une restructuration, l’insécurité de la situation au travail joue également un rôle dans le développement des risques psychosociaux.

  Évaluer les risques psychosociaux

Outre la dégradation de la santé physique et mentale de vos collaborateurs, les risques psychosociaux au travail ont un impact sur votre entreprise : l’augmentation de l’absentéisme de vos salariés, la réduction de la productivité ou encore la dégradation du climat social peuvent fortement pénaliser sa performance. Une fois les facteurs de risques psychosociaux au travail identifiés, il est donc temps pour vous dirigeant ou chef d’entreprise de passer à l’action pour les évaluer au sein de votre entreprise.

La première étape de votre plan d’action pour lutter contre les RPS au sein de votre entreprise consistera à mettre en place un groupe de travail pour que chacun de vos collaborateurs puisse apporter sa connaissance et son regard sur les situations et l’environnement de travail. En tant que dirigeant, vous (ou votre représentant) pouvez être intégré à ce groupe de travail lié aux RPS et à la QVT, si vous le souhaitez. Vous aurez à fournir toutes les informations pertinentes existantes au sein de l’entreprise sur la question des risques psychosociaux. A partir de toutes les données rassemblées, des observations et des discussions de ses membres, le groupe de travail aura pour mission de faire une évaluation pour déterminer si les salariés sont confrontés à des facteurs de risques psychosociaux dans les situations de travail. Cette évaluation sera ensuite intégrée au document unique d’évaluation des risques (DUER), qui est une obligation légale pour toutes les entreprises. Le DUER pourra notamment mentionner le résultat de l’évaluation des facteurs de risques psychosociaux, les situations de travail s’y rapportant, l’impact sur la santé des individus, le collectif de travail, le travail, le niveau d’intensité du risque, etc.

Pour vous aider dans votre évaluation des risques psychosociaux, l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) a développé l’outil Faire le point RPS. Il permet, pour les dirigeants et chefs d’entreprise, d’identifier les facteurs de RPS présents dans l’entreprise et donne des exemples d’actions à mettre en place, dont le groupe de travail pourra s’inspirer pour présenter un plan de prévention des risques psychosociaux, après l’avoir adapté au contexte spécifique de l’entreprise.

  Prévenir les risques psychosociaux en entreprise et améliorer le bien-être des salariés

En tant que dirigeant, vous avez un rôle central à jouer dans la lutte contre les risques psychosociaux au sein de votre entreprise. Car mettre en place des actions concrètes pour les prévenir signifie aussi repenser l’organisation de votre entreprise en gardant à l’esprit les six axes autour desquels les facteurs de RPS s’articulent (exigences au travail, exigences émotionnelles, manque d’autonomie, rapport sociaux dégradés, conflits de valeur ou encore insécurité de la condition de travail).

Concernant le premier, les exigences au travail, une bonne approche pour améliorer leur qualité de vie au travail (QVT) consistera par exemple à accompagner vos collaborateurs en leur donnant des objectifs clairs et réalistes (fiche de poste, objectifs attendus, limites de la mission, etc.) et en communiquant directement avec eux pour vous assurer que chacun a une vision claire de son travail. La charge de travail n’étant pas linéaire, il est aussi pertinent de la réévaluer régulièrement pour faire un point avec votre salarié sur son avancement. Le cas échéant, pensez à lui proposer des ajustements de sa charge ou de son temps de travail (horaires aménagés, semaine de 4 jours, etc.). Pour aller encore plus loin et favoriser le bien-être de vos employés, vous pouvez mettre en place des solutions de médiation, en cas de conflit en interne, et des solutions d’accompagnement, comme une cellule psychologique, en cas d’événement traumatique afin de limiter les RPS au travail.

La formation et la sensibilisation de tous vos collaborateurs sont un autre levier qu’il peut être pertinent d’activer pour prévenir les risques psychosociaux. Il existe notamment des formations de sensibilisation et mise en œuvre de projets de prévention des RPS, d’une durée de 2 à 4 jours, qui sont déployées sur l’ensemble du territoire national à destination des TPE et PME. Votre caisse d’Assurance Maladie – Risques professionnels (Carsat, Cramif, CGSS) est à votre disposition pour tout renseignement sur les formations liées à la prévention des RPS.

Des plans d’action Qualité de Vie au Travail (QVT) peuvent également être mis en œuvre au sein de votre entreprise. De l’aménagement des espaces de travail, au management en passant par le respect de l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle, la qualité de vie au travail touche en effet à de nombreux aspects de la vie des travailleurs dans l’entreprise. Dirigeant et chef d’entreprise, n’hésitez donc pas à soumettre à vos collaborateurs, une à deux fois par an, à un questionnaire QVT pour prendre la température de leur bien-être au travail et prendre des dispositions pour l’améliorer si nécessaire au sein de votre entreprise.