Après ces deux tragédies humaines et écologiques, les autorités de cet Etat du sud-est et le groupe Vale - impliqué dans les deux accidents - ont mis en oeuvre des travaux et protocoles de sécurité pour que l'extraction de minerai, activité qui a donné son nom à cette région, ne soit plus dévastatrice.

Le 25 janvier 2019, une gigantesque coulée de boue a englouti la région de Brumadinho après la rupture d'un barrage, rappelant l'effondrement, non loin de là, le 5 novembre 2015, d'un barrage de retenue de résidus de minerai de fer près de Mariana, le pire désastre écologique jamais vu au Brésil.

Dans tout le pays, les barrages de type Brumadinho, dont la hauteur augmente avec l'accumulation de résidus miniers, devront être démantelés d'ici à 2023. Et des travaux sont en cours sur des sites de barrages du Minas Gerais considérés "à risque", pour les sécuriser. 

Cet Etat, où se trouvent 428 barrages miniers dont 26 considérés "à risque", a également voté la loi "Mer de boue plus jamais" un mois après la tragédie de Brumadinho. Le texte durcit les conditions d'obtention de la licence permettant l'activité des entreprises minières.

Après Brumadinho, la Défense Civile a également mis en place des plans d'évacuation d'urgence pour les zones proches des barrages "à risque". Les pompiers, militaires et policiers qui composent la Défense civile entraînent les populations. 

"Pour l'instant, on n'a pu pratiquer des simulations de situation d'urgence qu'avec la moitié des zones à risque", faute de temps, dit le lieutenant-colonel Flavio Godinho, coordinateur de la Défense civile de l'Etat. "Chaque habitant doit savoir exactement où aller, après avoir entendu la sirène qui signalerait la rupture d'un barrage".

A Brumadinho l'an dernier, la sirène n'avait pas retenti.

- "Peur liée au barrage" -

Mais pour voir disparaître vraiment les risques, il va également falloir repenser la manière d'extraire le minerai.

Dans d'autres Etats, "il existe déjà des méthodes d'extraction dites 'sèches', avec beaucoup moins de rejets, donc moins d'eau pleine de résidus à stocker", explique le coordinateur. C'est l'accumulation d'eau dans le barrage qui avait conduit à la rupture de celui de Brumadinho.

Enfin, pour ne mettre aucune vie en danger, il faudrait que les zones d'extraction soient loin des quartiers habités, conclut le lieutenant-colonel Godinho.

Le village de Macacos, lui aussi dans le Minais Gerais, est cerné de plusieurs barrages, dont l'un est entré en alerte niveau 3 (niveau maximum) le 16 février 2019.

Les habitants, anxieux juste après la tragédie de Brumadinho, ont immédiatement évacué les lieux. Même s'il s'est agi d'une fausse alerte ce jour-là, plus de 300 personnes résidant dans des quartiers exposés ont été relogées dans des hôtels par Vale. 

Elles s'y trouvent toujours. C'est le cas de Sebastiana Gonçalves Leal. "On ne sait pas si on va pouvoir retourner chez nous un jour ou si Vale va nous indemniser pour qu'on puisse acheter une autre maison", dit-elle.

La localité vit au ralenti. "La peur liée au barrage a anéanti Macacos, il n'y a plus aucune activité ici", poursuit l'habitante.

Dans la bourgade qui était touristique, presque tous les restaurants et cafés ont fermé. 

"L'entreprise Vale dit qu'elle a un plan pour revitaliser la ville mais les touristes ont peur que le barrage ne cède", explique Hellen Jesus de Souza, qui a elle-même perdu son emploi au Judith Bistrô, fermé faute de clients.

Les habitants de Macacos semblent néanmoins confiants dans les travaux en cours et le plan d'évacuation d'urgence. Partout dans les rues, des panneaux "Route d'évacuation", installés par la Défense civile, montrent le chemin à suivre en cas d'urgence. 

Pour que cette situation n'arrive pas, des travaux financés par Vale sont en cours. Un mur de contention en pierres, de 30 mètres de haut, doit être achevé en décembre, pour contenir une coulée de résidus si le barrage cédait, a indiqué Vale.