Plus un employeur recourt à des embauches de courtes durées, plus il a tendance à les enchaîner avec la même personne. C'est une des principales constatations d'une nouvelle étude du ministère du Travail sur les CDD de moins d'un mois, dont le nombre a explosé en vingt ans : leur part dans les embauches à durée déterminée est passée de 57 % à 83 % entre 1998 et 2017.

Même s'ils se concentrent sur un nombre limité de salariés, ces contrats très courts sont accusés par le gouvernement et les syndicats de maintenir ces personnes dans la précarité. Le sujet a causé l'échec de la négociation des partenaires sociaux sur l'Assurance chômage. L'étude s'est penchée sur les motivations et les modalités de recrutement des employeurs. Il en ressort que les établissements recourant aux contrats très courts les enchaînent avec la même personne dans moins d'un quart des cas. Le taux peut paraître « relativement faible au regard de l'ampleur du phénomène de réembauche observé par ailleurs », souligne son auteure. Ce taux cache d'importants écarts selon l'intensité du recours aux contrats très courts : le taux de réembauche varie de 57 % pour les établissements qui y font appel plusieurs fois par semaine à 9 % pour les utilisateurs plus occasionnels en passant par 43 % pour ceux qui y ont recours plusieurs fois par mois.

Vivier réduit

Les réembauches sont moins destinées à l'exercice d'activités temporaires ou occasionnelles, ou à l'occupation de postes périphériques. Elles sont le fait d'employeurs exerçant dans des secteurs à fort taux d'emplois vacants. Le ministère du Travail émet l'hypothèse que l'employeur puise dans son vivier pour reconduire la même personne faute de trouver des candidats « répondant à leurs attentes ».

Point positif, la probabilité de décrocher un CDD long ou un CDI est d'autant plus élevée (sans dépasser 38 % et 28 % des cas néanmoins, contre 21 % et 16 % en moyenne respectivement) que l'employeur est un gros consommateur de contrats très courts. « Ce qui traduit un mode de gestion particulier de cette main-d'oeuvre », pointe l'étude.