Ramenés à quatre semaines, contre six auparavant, ils s'achevaient mardi (mercredi en Lorraine). Les commerçants et le gouvernement voulaient redonner à cette tradition la force d'un événement.

La conjoncture n'a pas facilité la mesure du changement. Les grèves, surtout celles des transports publics dans les grandes villes comme Paris, ont perturbé les premiers jours. « Nous avons constaté un climat général qui nuit à la consommation »,relève Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, syndicat de 450 enseignes et 27.000 points de vente.

« La douceur de la météo n'a pas facilité l'écoulement des grosses pièces de l'hiver », ajoute-t-il. Des rabais de 50 % ont pourtant été proposés d'emblée. « Le premier jour des soldes, c'était comme un mercredi ordinaire, il ne s'est rien passé de spécial », commente une commerçante.

L'Alliance du commerce avait estimé de 13 à 15 % la baisse des ventes à mi-soldes, et table désormais sur un manque à gagner compris entre 5 et 10 % pour l'ensemble de la période. Au Syndicat des indépendants, qui regroupe les commerces de moins de 20 salariés, « nous constatons des baisses de chiffre d'affaires de 25 % à 30 %, comparativement aux soldes de 2019 déjà en demi-teinte », note son secrétaire général Marc Sanchez.

La Chambre de commerce et d'industrie Paris Ile-de-France a réalisé un sondage. Pour 70 % des commerçants franciliens, les soldes d'hiver 2020 sont moins bons que ceux de l'hiver dernier. Le rattrapage d'un mois de décembre perturbé par les grèves dans les transports n'a pas eu lieu.

Des soldes d'hiver en février

Près de la moitié des professionnels interrogés estiment avoir perdu plus de 30 % de chiffre d'affaires ces derniers jours de 2019. Le chiffre est le même pour la fréquentation. Beaucoup de clients ne sont pas venus.

Mais les représentants des commerçants pointent l'impact d'un autre phénomène. « Les ventes privées et le Black Friday démodent les soldes », écrit ainsi la Chambre de commerce. « Les consommateurs qui ont fait de bonnes affaires fin novembre-début décembre ne sont pas revenus pendant les soldes », confirme-t-on à l'Alliance.

La fédération Procos parle d'« achats par anticipation ». Ce club de 300 enseignes et 60.000 points de vente souligne l'impact du Black Friday sur les marges des commerces. Cet événement commercial venu d'Amérique fonctionne comme un déstockage avant le déstockage.

Aux Galeries Lafayette, on se félicite malgré tout du passage des soldes à quatre semaines, tout comme 78 % des commerçants franciliens. Pour 63 % d'entre eux, cependant, les soldes ne sont plus aujourd'hui incontournables. Le Syndicat des indépendants propose même une nouvelle réforme : le recul des soldes d'hiver de janvier à février, histoire de laisser aux consommateurs le temps de reconstituer leur pouvoir d'achat après les fêtes.