Ce n'est plus qu'une perception, mais une réalité. Les start-up françaises attirent de plus en plus les candidats, y compris en provenance des grands groupes. C'est d'ailleurs l'un des signaux faibles mesurés par LinkedIn France pour établir la troisième édition de son classement annuel des jeunes pousses les plus dynamiques sur l'emploi.

Au premier rang de cette liste de dix entreprises, Swile. Cette entreprise qui édite un outil de digitalisation de la pause déjeuner est également le premier employeur de personnes diplômées bac +2/+3 avec 28 %, loin de l'idée que la French Tech n'est réservée qu'à une élite de surdiplômés, explique Sandrine Chauvin, directrice de la rédaction de LinkedIn France : « 17 % des salariés des dix start-up de notre classement 2020 ont une formation moins longue qu'un master. Cela prouve que l'on peut réussir dans cet écosystème sans forcément passer par les formations les plus diplômantes. » Avec 20 % de leur équipe sous cette barre symbolique du master, Qonto et Back Market complètent le podium des jeunes pousses les plus ouvertes aux profils variés.

A ce niveau de qualification, ce sont surtout les postes de commerciaux qui sont les plus recherchés. Un point qui vient contrebalancer l'image d'un secteur qui serait surtout en quête de profils tech, confirme Sandrine Chauvin : « [Les start-up] ont des besoins à tous les niveaux de l'entreprise. Il y a bien sûr des offres de recrutement pour des postes dans le marketing digital, la relation client et la tech, mais aussi pour vendre leurs solutions. »

La French Tech résiliente sur l'emploi

La présence de Swile en haut de ce classement indique aussi l'excellente santé des fintechs et des HRtech tricolores sur la question de l'emploi. Fortes de levées de fonds conséquentes depuis le début de l'année, elles sont en chasse de candidats pour soutenir leur croissance. Au côté de la pépite créée par Loïc Soubeyrand, on retrouve donc Alan, Luko, PayFit et Qonto. « Leur présence dans ce classement souligne aussi leur capacité à bien gérer la crise, estime la directrice éditoriale de LinkedIn. Elles ont su s'adapter rapidement à l'activité de chômage partiel, proposer des services innovants. Et si certaines d'entre elles ont fait une pause dans leur recrutement durant le confinement, elles sont reparties. » C'est le cas notamment de PayFit qui avait mis en place un plan de départ au printemps dernier, mais qui compte désormais une quinzaine de postes ouverts sur le réseau américain.

Au total, les dix sociétés du classement 2020 proposent 150 emplois sur LinkedIn. Les prévisions de croissance de chacun de ses membres laissent présager bien plus, avec 250 chez Doctolib et 150 chez Back Market, par exemple. Les mois à venir viendront sans doute confirmer la capacité de la French Tech dans son ensemble à générer 25.000 créations d'emplois nets cette année. Et démontrer ainsi sa capacité à résister dans la crise du coronavirus, qui touché beaucoup plus sévèrement les autres principaux écosystèmes européens.