Alors que la cinquième vague épidémiologique « démarre de façon fulgurante », comme l'a indiqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, le Medef appelle les patrons à se « remobiliser » sur le sujet. Une « info flash » est partie mardi matin à destination des fédérations professionnelles et des Medef territoriaux et régionaux pour inciter les entreprises à « montr[er] l'exemple et pren[dre] les devants » en renforçant les mesures de lutte contre l'épidémie.

« Les entreprises comme elles l'ont fait depuis le début de la crise doivent être responsables et faire d'ores et déjà tout ce qui est possible pour contribuer à limiter la propagation du virus », y est-il écrit. « P ar exemple en renforçant l'usage des gestes barrières dans les locaux de travail, en incitant au télétravail les activités qui le peuvent, et en limitant les jauges de réunions ou de rassemblement de salariés. » L'enjeu est double : éviter que le gouvernement reprenne la main sur le télétravail et « éviter de nouvelles mesures obligatoires de restriction de l'activité ».

La menace économique est clairement identifiée : interviewé sur BFMTV/RMC mardi matin, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a expliqué craindre une réduction de la jauge dans les centres commerciaux ou le rétablissement de l'exigence de passe sanitaire. « En pleine période des courses de Noël, ce serait une catastrophe. »

Pour l'éviter, pas question cependant pour lui de suivre l'exemple de la Belgique, qui vient de rendre obligatoire le travail à distance quatre jours sur cinq. « Il faut laisser le dialogue social de proximité se faire », a affirmé le leader du Medef, rappelant que le patronat a signé il y a un an un accord sur le télétravail avec tous les syndicats sauf la CGT, qui prévoit notamment le cas des circonstances exceptionnelles. « Il y a beaucoup d'entreprises qui ont signé des accords », a-t-il insisté.

Pour expliquer sa prudence sur le télétravail, Geoffroy Roux de Bézieux a souligné qu'il « crée parfois un sentiment d'incompréhension et de frustration pour ceux qui ne peuvent pas télétravailler ». « Je vois beaucoup d'entreprises industrielles qui demandent à leurs cadres administratifs de ne pas télétravailler pour créer un sentiment d'égalité entre ceux qui sont postés à la chaîne ou ailleurs et ceux qui peuvent télétravailler », a-t-il expliqué.

Contrôles renforcés

L'objectif est néanmoins de réenclencher une dynamique afin d'« éviter plus de mesures contraignantes dans quelques semaines », a insisté Geoffroy Roux de Bézieux.

Pas sûr cependant qu'il y arrive au vu de l'accélération de l'épidémie qui pourrait imposer des mesures plus strictes rapidement pour stopper l'escalade. Pour l'heure, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, ne souhaite pas toucher au protocole sanitaire et entend laisser la main aux entreprises sur le télétravail. Et lors de la réunion de préparation du Conseil de défense sanitaire qui se tiendra ce mercredi, Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée, n'a pas poussé pour inciter à davantage de télétravail.

Mais la semaine dernière, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, avait estimé qu'il serait souhaitable d'accroître le travail à distance pour faire face à la cinquième vague. Par ailleurs, les contrôles de l'inspection du travail sur le respect du protocole sanitaire dans les entreprises vont être renforcés, a déjà prévenu le ministère du Travail.