Entre le management des équipes, les rendez-vous clients et fournisseurs, l'emploi du temps du chef d'entreprise est pour le moins chargé. De quoi faire l'impasse sur la formation. « Beaucoup de dirigeants ont une image de la formation trop scolaire, déplore Nathalie Carré, experte entrepreneuriat à CCI France. Face à une difficulté, la plupart pensent 'manque de trésorerie' et non 'offre pas adaptée'. Quand on ne connaît pas la source du problème, on ne cherche pas une formation pour y remédier. »

Pourtant, qu'il s'agisse de formations classiques, de gestion du stress, de numérique ou encore de transition écologique, la palette est suffisamment large pour correspondre à tous les besoins. « C'est souvent lors de leur développement que les chefs d'entreprise voient émerger des manques », explique Patricia Leroy, responsable formation BGE Loir-et-Cher et Eure-et-Loir qui propose des formations courtes complétées par des séances de conseil (coaching, suivi) disponible sous forme de bons.

« En mettant plus d'efficience opérationnelle grâce à de nouveaux outils, on génère davantage de chiffres d'affaires, lance Nathalie Carré. Il y a un réel retour sur investissement ! » Un point de vue partagé par Vincent Hapel, directeur général de Ruel Etiquettes : « J'ai ressenti la nécessité de refaire un point sur les fondamentaux du métier de dirigeant. » Ce chef d'entreprise a opté pour l'Ecole des managers, une formation sur 18 mois au sein de la CCI de Poitiers. « Cette formation, en général les vendredis et samedis, est globale, sur le commercial, les RH, la gestion, décrit-il. Mais c'est surtout l'aspect stratégie qui m'a été le plus utile. Elle permet d'acquérir une vision claire des évolutions de son entreprise à long terme. Indispensable ! » Avec une promotion de 5 dirigeants, un réseau d'anciens et des formateurs anciens dirigeants, fini l'isolement de l'entrepreneur !

Des aides nombreuses

Moins répandue que la formation des salariés, la formation continue des dirigeants est pourtant un droit. Par le biais du conseil en évolution professionnelle (mon-cep.org), le chef d'entreprise peut gratuitement mettre en place un plan de formation. Souvent onéreuses, ces formations sont prises tout ou partie en charge. Un chef d'entreprise dispose en effet d'un compte personnel de formation (CPF), alimenté à hauteur de 500 euros par an, dans la limite de 5.000 euros. Les travailleurs indépendants peuvent aussi prétendre à des abondements de la part de leur fonds d'assurance formation (FAF). Il existe par ailleurs le crédit d'impôt formation, ouvert à toute entreprise imposée au régime réel. Son montant équivaut au nombre d'heures de formation (limité à 40 par année civile) × SMIC horaire (soit 419,20 euros pour 2022). La loi de finances pour 2022 double ce montant pour les micro-entreprises. De son côté, Vincent Hapel confie que le coût de sa formation « de l'ordre de 10.000 euros, a été financé par la région ».

Reste à trouver la formation adaptée. Un choix compliqué tant elles sont nombreuses ! « Il faut identifier ses besoins, si nécessaire avec une aide extérieure, conseille Nathalie Carré. Moncompteformation.gouv.fr est une bonne piste car les formations sont déjà filtrées. » Il faut ensuite se poser la question de la forme : longue, hybride présentiel-distanciel. Le chef d'entreprise peut se tourner vers les CCI, les chambres de métiers, les réseaux d'accompagnement ou les écoles de commerce, sans oublier l'Afpa et les fédérations professionnelles.

Attention enfin à ne pas répondre aux sollicitations intempestives. « De nombreux dirigeants sont sans cesse démarchés pour des formations », rapporte Patricia Leroy. Son conseil pour éviter les arnaques : gérer en direct son espace CPF et faire appel à des structures identifiées.