SARL et EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) ont représenté 11,3 % des créations d'entreprises au 3ème trimestre 2025 selon Infogreffe et le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce (CNGTC). Forme juridique familiale très encadrée, la SARL représente 30 % des créations de sociétés commerciales en France d'après l'INSEE. Ce statut est-il toutefois fait pour vous ?
La SARL compte parmi les formes juridiques les plus répandues en France puisqu'elle s'adapte à la plupart des activités. Vous pouvez créer une SARL à partir de deux associés (personnes physiques ou morales) et jusqu'à cent maximum. Pour savoir si la société à responsabilité limitée (SARL) est adaptée à votre situation personnelle et à votre projet d'entreprise, il est important de connaître ses formalités de création et ses modalités de fonctionnement. Nous présentons ici les avantages et les limites de la SARL pour vous permettre de bien cerner ce statut juridique.
Un statut très encadré et des modalités de création simples
Pour créer une SARL, vous devez d'abord, en tant qu'entrepreneur et futur gérant, rédiger (ou de faire rédiger) des statuts qui comprennent notamment des informations telles que : la dénomination sociale, la domiciliation / siège social, le rôle des associés, etc. Une fois les statuts rédigés et signés, vous devez publier un avis de constitution dans un journal d'annonces légales. Demandez ensuite l'immatriculation de la société auprès du guichet unique de l'INPI.
En créant une SARL, vous évoluez dès le lancement de votre société dans un cadre fixé par la loi. Cela est de nature à rassurer les banques, d'éventuels investisseurs et autres partenaires. A l'inverse, faire le choix d'une Société par actions simplifiée (SAS), vous offrira davantage de liberté statutaire (voir tableau comparatif).
Il est possible de créer votre société à responsabilité limitée (SARL) sans disposer de capitaux importants. Les associés décident librement du montant du capital social à déposer. Il est donc possible de créer une SARL avec un euro symbolique.
L'apport au capital social peut se faire de trois façons avec ce statut juridique :
- En numéraire : somme d'argent.
- En nature : matériel, voiture, local, etc.
- En industrie : un savoir-faire, une expertise, etc. ...
Le cadre de la SARL impose la tenue d'une assemblée générale (AG) annuelle, qui donne lieu à la rédaction d'un procès-verbal. La majorité simple (50 % + 1 part sociale) permet de prendre toutes les décisions courantes (approbation des comptes, affectation du résultat, nomination et rémunération des dirigeants).
Un statut rigide
Le cadre strict de la SARL peut être synonyme de stabilité pour certains gérants d'entreprise, ou être perçu comme plus contraignant pour d'autres.
Ce manque de souplesse de la réglementation des règles de fonctionnement des SARL représente donc un frein pour certains entrepreneurs, notamment pour les éléments suivants :
- Il est difficile d'intégrer de nouveaux investisseurs au capital de la société à responsabilité limitée (SARL) après la création de l'entreprise ;
- L'augmentation de capital en cours de route, comme céder ses parts à des tiers, est extrêmement formalisée. La cession de parts sociales à un tiers (à des personnes différentes des associés) est soumise à approbation de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales, sauf à ce que les statuts prévoient une majorité plus forte. On dit que la cession de parts sociales est soumise à agrément.
Gérance d'une SARL : les avantages et les inconvénients
Les pouvoirs des gérants d'une SARL
En tant qu'entrepreneur gérant d'une SARL, vous pouvez accomplir les actes de gestion inhérents à l'entreprise : tenir la comptabilité, signer des contrats, contracter un prêt et plus encore.
L'apport en capital social aura un impact sur la gérance de l'entreprise, ainsi :
- Si les apports représentent plus de 50 % : vous êtes gérant majoritaire
- Si les apports représentent 50 % : vous êtes gérant égalitaire
- Si les apports représentent moins de 50 % : vous êtes gérant minoritaire
L'un des atouts d'une société sous la forme d'une SARL (société à responsabilité limitée) repose sur le fait que la responsabilité de chaque associé se limite à son apport au capital de l'entreprise. L'encadrement ultra-réglementé d'une SARL peut représenter l'avantage de la stabilité pour certains gérants d'entreprise, ou être limitant pour d'autres. De même, votre patrimoine personnel est protégé face aux créanciers de l'entreprise.
En tant qu'entrepreneur gérant d'une SARL, vous pouvez accomplir les actes de gestion inhérents à l'entreprise : tenir la comptabilité, signer des contrats, contracter un prêt, et plus encore
Possibilité d'intégrer un conjoint collaborateur
La SARL (société à responsabilité limitée) est généralement la forme choisie pour les projets d'entrepreneuriat en famille puisqu'elle permet d'octroyer au partenaire du gérant le statut de conjoint collaborateur, associé ou salarié. On parle de SARL dite de famille.
Avec ce statut, le conjoint du gérant peut participer à l'activité de la SARL et contribuer à la croissance de l'entreprise tout en bénéficiant d'une couverture sociale et d'un accès au plan d'épargne de l'entreprise même s'il n'est pas rémunéré directement par l'entreprise.
Le conjoint du gérant peut également endosser deux autres statuts : le conjoint associé et le conjoint salarié. En tant que conjoint associé, il détient des parts sociales. Il dispose donc d'un droit de vote aux AG et peut percevoir des dividendes.
Régime fiscal de la SARL : choisir entre l'impôt sur le revenu ou sur les sociétés
La SARL est un statut juridique qui vous permet, en tant que gérant de la société, de choisir le régime fiscal de votre entreprise et donc de choisir entre les deux systèmes d'imposition principaux possibles en France : l'impôt sur les sociétés (IS) et l'impôt sur le revenu (IR).
L'impôt sur les sociétés
L'impôt sur les sociétés (IS) est le régime fiscal par défaut de la SARL. Il s'applique donc automatiquement, à moins que les associés aient décidé d'opter pour l'IR. L'IS est calculé sur l'ensemble de vos bénéfices imposables avec un taux de 25 % qui est réduit à 15 %, sous conditions, pour les 42 500 premiers euros de bénéfices.
L'impôt sur le revenu
L'impôt sur le revenu (IR) est calculé sur votre chiffre d'affaires selon un barème progressif. Pour être soumis à l'IR (impôt sur le revenu), votre SARL doit respecter certains critères, comme avoir moins de 50 associés et générer un chiffre d'affaires annuel inférieur à 10 millions d'euros. Si vous remplissez les critères, vous pouvez bénéficier de l'IR pendant les 5 premières années. Les SARL dites de famille peuvent également opter pour l'impôt sur le revenu mais sans limite de temps.
Il est possible, en tant que gérant de SARL, de vous rémunérer en dividendes à condition de détenir la quasi-totalité du capital ; ces derniers seront taxés selon les modalités du prélèvement forfaitaire unique (PFU).
Statut de travailleur non salarié : des cotisations sociales moins élevées
En tant que gérant majoritaire de SARL (société à responsabilité limitée), vous aurez le statut de travailleur non salarié (TNS) dans votre entreprise. Vous serez affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Vos cotisations sociales s'élèvent alors à environ 45 % de votre rémunération nette (contre 80 % environ en SAS). Pour améliorer votre protection sociale, pensez à souscrire une mutuelle pour la maladie, un contrat de prévoyance qui couvre l'invalidité et le décès et un plan d'épargne retraite (PER) pour préparer votre retraite.
SARL ou SAS, comment choisir ?
Si vous souhaitez vous associer, votre choix peut se faire entre la Société par actions simplifiées (SAS) et la société à responsabilité limitée (SARL).
Afin de choisir le bon statut juridique pour votre entreprise lors de sa création, voici deux questions importantes à vous poser :
- Si vous voulez intégrer votre conjoint dans la gestion de votre société, économiser sur vos charges sociales et si vous avez besoin d'un cadre juridique sécurisant, la SARL est plus adaptée.
- Si vous souhaitez intégrer des investisseurs dans le capital de votre société, bénéficier d'une meilleure protection sociale et d'une grande souplesse dans la gestion de votre entreprise, la SAS est plus adaptée.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|