Dans leurs modes de travail et dans leur relation client, les TPE et PME s'acheminent vers des formes hybrides qui mêlent présentiel et distanciel. L'introduction du numérique va s'accroître aussi bien avec l'utilisation d'outils numériques spécifiques aux différents métiers que dans le marketing digital pour capter des clients sur les réseaux sociaux, les places de marché électroniques, les mails massifs et les sites web.

Les entreprises doivent veiller à ne pas perdre leur autonomie numérique face aux Gafam. Lesquels vont chercher à devenir un passage obligé. Ces plateformes risquent à la fois de détenir les données des indépendants, artisans, TPE et PME, et d'augmenter la commission qu'ils vont prendre tout en imposant de baisser les prix.

Se doter de leur propre site internet avec des modules d'e-commerce, marketing digital, prise de rendez-vous en ligne, click & collect... Bien sûr, elles vont utiliser les marketplaces ainsi que les réseaux sociaux afin de développer leur visibilité. Que cela ne les empêche pas de construire leur autonomie numérique en apprenant à gérer leurs données qui représentent une valeur incroyable cependant sous-utilisée.

Le logiciel de caisse du boulanger ne sert pas qu'à rendre la monnaie. Ses données peuvent servir à optimiser la production : combien de croissants produire et à quel moment, par exemple ? Ce sont des sujets sur lesquels nous sommes très mobilisés. Une chose est sûre : pour construire leur autonomie numérique, les entreprises ont besoin de se faire accompagner par un partenaire de proximité.

En commençant par former le dirigeant avant d'entamer la transformation numérique. Chaque filière a ses propres enjeux. A cet égard, le BTP montre la voie avec la modélisation des informations du bâtiment (BIM) qui propose une maquette numérique 3D partagée et enrichie par tous les intervenants d'un chantier.

L'autre aspect concerne la transformation des processus métier avec des applications simples et accessibles comme la signature numérique en ligne. Plus les applications seront simples, plus il sera facile de les adopter.

Je défends une approche pragmatique, sans incantation. Il faut partir des besoins des entreprises avant de leur proposer des solutions : augmenter la zone de chalandise, disposer du bon stock au bon moment, recruter la bonne ressource au bon poste...

Je pense à un coiffeur en centre-ville d'une petite commune qui se désertifie. Avec le numérique, il a rebattu les cartes. Il a mis en place un système de réservation en ligne pour être plus visible. Ce qui a étendu sa zone de chalandise bien au-delà de sa ville. Il a notamment réussi à toucher des routiers de passage... En un an, il a triplé son chiffre d'affaires ! Il envisage même d'ouvrir un nouveau salon de coiffure près de l'autoroute.