Prime Macron troisième épisode ? Le sommet social lundi prochain à Matignon pourrait être l'occasion pour le Premier ministre, Jean Castex, d'annoncer un geste pour les travailleurs dits de la « deuxième ligne », comme les caissières, les aides à domicile et les livreurs, qui ont continué à travailler durant les deux confinements, indique-t-on de sources concordantes.

« Jean Castex va demander aux branches professionnelles concernées de définir par accord les conditions de versement d'une prime sans charges qui pourrait être versée à certains salariés », confirme-t-on.

Ce geste prendrait la forme d'une nouvelle version de la prime instituée par le chef de l'Etat fin 2018 dans le sillage du mouvement des « gilets jaunes ». Pour rappel, il s'agissait d'un versement à la discrétion de l'employeur plafonné à 1.000 euros et réservé aux personnes gagnant moins de trois fois le SMIC. Il est totalement libre de charges et d'impôts.

En 2019, première année de son application, 4,8 millions de salariés en avaient bénéficié pour un montant moyen de 400 euros. Le succès ne s'est pas démenti en 2020 avec plus de 5 millions de bénéficiaires ayant perçu 458 euros en moyenne. L'épidémie de Covid a balayé l'obligation d'en passer par un accord d'intéressement, institué entre-temps pour limiter les effets d'aubaine. Mais un accord reste nécessaire pour verser jusqu'à 2.000 euros.

Faire un geste de court terme

Malgré ce succès, le gouvernement n'avait pas prévu de renouveler l'expérience cette année. Cela pourrait changer lundi pour manifester la volonté de faire un geste de court terme envers les métiers concernés, sans que l'on connaisse encore la façon dont pourrait être fléchée cette version 3 de la prime.

Pas très enthousiaste devant cette perspective, le camp patronal met en avant les inégalités de versement entre salariés d'une même entreprise mais aussi entre entreprises. « Nous sommes favorables au principe de primes défiscalisées. Mais comme elles seraient réservées à certaines catégories de salariés, cela peut être compliqué entre ceux qui y auront droit et les autres », estime l'un de ses représentants. La présentation prévue ce vendredi par la ministre du Travail, Elisabeth Borne, aux partenaires sociaux de la version finale d'un rapport commandé à deux chercheuses permettra d'y voir plus clair. Ce rapport constitue la première étape d'une concertation sur la revalorisation de ces métiers dits de la deuxième ligne, dans le but d'engager ensuite des négociations dans les branches concernées.