Les salariés seraient-ils en train de se lasser du télétravail ? Un peu plus de deux ans après le début de la pandémie de Covid-19, la question se pose clairement. Une étude d'Allianz Trade, réalisée auprès de 1.000 salariés de France, d'Allemagne et d'Italie vient donner quelques éléments de réponse.La proportion de salariés allemands désireux de travailler principalement depuis leur domicile s'est réduite en un an, de 25 % à 20 % des personnes interrogées. La chute est moins forte en Italie. Les Français, eux, sont un peu plus nombreux à vouloir télétravailler beaucoup, la proportion passant de 10 % dans l'enquête réalisée l'an passé à 12 % cette année. Les salariés y voient encore des avantages qui n'ont pas fondamentalement changé. Les répondants citent majoritairement la suppression des trajets, la flexibilité horaire et la réduction de leurs coûts de transport.

Le flou entre vie privée et vie professionnelle

En revanche, beaucoup d'entre eux reconnaissent aussi que le travail à distance n'est pas sans défis. « Deux ans d'expérience de télétravail ont fait prendre conscience aux gens des inconvénients », selon Patricia Pelayo Romero, économiste chez Allianz Trade et auteur de l'étude.

Ainsi, la proportion de salariés mettant en avant plusieurs problèmes liés au télétravail a fortement augmenté. L'absence de contacts est vécue comme une difficulté par 28 % d'entre eux, soit deux fois plus que l'an passé. Le flou de la frontière entre vie privée et vie professionnelle est mal ressenti par 18 % des personnes interrogées, un chiffre deux fois plus élevé qu'il y a un an.De même, l'inadaptation de l'espace de travail, ou encore le fait de devoir jongler en permanence entre activités domestiques et responsabilités professionnelles sont cités par environ 19 % des répondants cette année comme étant un problème, alors qu'ils n'étaient que 9 % à les mettre en avant en 2021. Bref, il semble bien que le télétravail soit moins bien vécu par de plus en plus de gens. « Tandis que la fin des trajets quotidiens soulage les travailleurs d'un fardeau, la réduction des contacts sociaux au bureau peut entraîner de moindres promotions et une perte d'apprentissage, créant des inégalités » entre ceux qui travaillent à domicile et ceux qui sont sur leur lieu de travail, considère encore l'étude.C'est aussi ce que met en avant une autre enquête réalisée, celle-ci en Allemagne, par l'institut IFO et l'agence d'intérim Randstad : 95 % des entreprises de plus de 500 salariés offrent la possibilité de télétravailler, tandis que ce n'est le cas que de 46 % des petites et moyennes entreprises outre-Rhin. Avec un constat : « la majorité des entreprises ne prennent aucune mesure particulière pour soutenir les employés ou réduire les coûts d'exploitation » en cas de télétravail.