Face au choc, il y a eu deux types de réaction. Il y a des pans entiers du tissu associatif notamment dans le médico-social qui se sont tout de suite surengagés pour lutter contre les problèmes causés par le confinement : la précarité, la solitude des personnes âgées, le décrochage scolaire. Et pour ça, elles ont souvent innové par exemple avec le développement de services à distance ou de drives.

D'autres associations ont dû arrêter brutalement leurs activités, je pense bien sûr au monde de la culture, du sport ou du tourisme social. Du jour au lendemain, les auberges de jeunesse ont fermé, les cours de théâtre se sont arrêtés. On a plus de 50 % des associations qui nous disent avoir perdu des revenus, des recettes du fait d'un arrêt total ou partiel de leur activité.

Le plan de relance concerne aussi les associations. Celles qui sont, par exemple, dans les secteurs du tourisme, de l'aide aux personnes vulnérables, de la culture ou du sport, sont concernées bien sûr par les mesures ciblées sur ces activités. Les associations ont aussi accès au prêt garanti par l'Etat. Celles qui ont des salariés, sous réserve qu'elles aient subi une baisse de leurs ressources, peuvent mobiliser le chômage partiel.

Mais cela ne veut pas dire que toutes sont concernées par le plan. Or, l'enjeu est majeur : on a aujourd'hui en France 1,5 million d'associations avec 22 milliards d'actifs et un budget annuel de 170 milliards d'euros. Quasiment 1 salarié du privé sur 10 travaille dans une association puisqu'ils sont 2 millions. Aucune association ne doit être oubliée par le plan de relance. C'est la mère de toutes les batailles pour préserver la richesse du tissu associatif français. C'est tout l'enjeu de l'ensemble des dispositions qui vont venir compléter le plan de relance.

Elles sont de deux ordres, financières et humaines, parce qu'il n'est pas question dans le contexte actuel de fragiliser les associations et, partant, leurs salariés. Côté financier, nous allons compléter les mesures du plan de relance pour répondre aux particularités du monde associatif. 100 millions seront mobilisés pour cela entre 2020 et 2022.

Sur cette somme, 45 millions vont être consacrés à des mesures d'aide à la trésorerie d'ici à 2022 par le biais de France Active. Ils prendront la forme d'un contrat d'apport à 0 % jusqu'à 30.000 euros sur 5 ans, d'un prêt relance à 0 % sur 18 mois jusqu'à 100.000 euros ou encore d'un prêt participatif entre 2 et 4 % jusqu'à 500.000 euros sur 10 ans.

Toutes. Mais de fait, ce sont sans doute les plus petites qui seront le plus intéressées. Cette mesure vient compléter le plan de relance et vise à répondre aux besoins du quotidien. C'est telle association qui d'ordinaire a l'habitude de faire une kermesse pour se financer, telle autre qui a besoin de payer ses charges et a vu ses ressources s'interrompre pendant le confinement. Les banques ne prêtent pas aux associations qui n'ont pas de fonds propres.

Par ailleurs, 40 autres millions d'euros vont être ciblés sur de plus grosses associations pour renforcer leurs fonds propres - souvent insuffisants - afin de leur permettre d'investir dans leurs projets de développement sur le long terme, et d'accéder au crédit. Pour cela, elles pourront émettre des obligations auxquelles pourra souscrire la Banque des territoires après analyse des projets. Et puis, il faut aussi faciliter la vie des dirigeants d'associations. Je veux ainsi accélérer le déploiement du projet lancé il y a deux ans « le compte-asso » qui permet d'éviter de devoir reconstituer un dossier à chaque demande administrative. Je me fixe l'échéance du premier trimestre 2021.

Ils seront affectés au Fonds de coopération de la jeunesse et de l'éducation populaire. Ils vont permettre de financer la création de 2.000 postes affectés à la conduite d'un projet spécifique, dits « postes Fonjep ». Le montant de l'aide est de 7.000 euros chaque année pendant trois ans. Elle permet de couvrir au moins un tiers du coût salarial. Cela va permettre un renforcement des moyens humains. Comme les 100.000 services civiques supplémentaires du plan jeunes, dont le coût représente au total 611 millions d'euros sur 2020-2022. C'est autant d'énergies nouvelles pour les associations. Et puis l'humain, ce sont évidemment tous les bénévoles. Le confinement a bouleversé la donne. Via le site jeveuxaider.gouv.fr, on peut faciliter la mise en relation entre citoyens et associations. Il faut le développer.

L'une est à la fin de son parcours et j'espère qu'elle sera rapidement inscrite à l'ordre du jour du Sénat pour sa deuxième lecture. Une de ses dispositions me tient particulièrement à coeur : celle qui permet, comme en Italie avec les biens de la mafia, une utilisation sociale des biens immobiliers mal acquis par une mise à la disposition des associations. L'autre, qui concerne la responsabilité des dirigeants associatifs, a pour objectif de renforcer la confiance et doit arriver au Sénat en première lecture après un vote unanime à l'Assemblée.