Le statut de micro-entrepreneur peut être cumulable avec une activité salariale, dans la mesure où il n'existe pas de clause de non concurrence litigieuse et que le salarié entrepreneur respecte les obligations de loyauté envers son entreprise. Mais le poids d'un double engagement professionnel est-il facilement supportable ?

Attention à la clause de non-concurrence !

Un salarié peut très bien envisager de créer sa propre société sans être obligé d'en informer son patron. Attention néanmoins : il ne faut pas que son contrat de travail mentionne une clause de non concurrence et que l'activité qu'il souhaite développer soit similaire à celle qu'il exerce déjà dans l'entreprise. La clause de non concurrence, dont l'objectif premier, est de défendre les intérêts légitimes d'une société, possède une valeur juridique si elle est limitée dans le temps et l'espace pour deux ans. Dès lors que celle-ci est stipulée dans un contrat de travail, elle ouvre droit à des indemnités au salarié sous réserve de la non-exploitation des ressources intellectuelles et matérielles de l'entreprise, en cas de licenciement ou de départ définitif. Lorsque la clause de non concurrence n'est pas respectée, le salarié peut être contraint de rembourser les indemnités compensatrices en plus de devoir réparer les préjudices subis par son employeur. La violation de la clause de non concurrence peut même faire l'objet d'une condamnation plus sévère telle que la cessation de l'activité.

Le statut de micro-entrepreneur : un atout pour créer sa boîte en tant que salarié

Mis en place en 2008, le statut de l'auto-entrepreneur (aujourd'hui micro-entrepreneur) permet de cumuler un emploi salarié avec une activité de dirigeant, puisque le but est d'encourager les initiatives entrepreneuriales en faveur de l'emploi et de la croissance. Un entrepreneur salarié qui choisit ce statut a l'avantage d'obtenir des revenus plus conséquents en plus de pouvoir exercer une activité professionnelle qu'il a entrepris par passion. De plus, ce statut lui permet de n'être imposable qu'en fonction de son chiffre d'affaires réel.

Prendre garde à la gestion du temps

Grâce au statut de micro-entrepreneur, les démarches juridiques et administratives liées à la création d'entreprise sont grandement facilitées et encouragées par les politiques. Reste à l'intéressé la charge de respecter les obligations liées à son entreprise et notamment les heures de présence exigées sur son lieu de travail. C'est sans doute la gestion du temps qui peut rapidement devenir une source de conflits. Aussi petite soit-elle, une entreprise a besoin de communiquer, de déployer son savoir-faire et d'assurer sa promotion par différents supports. Tout cela demande des heures d'investissement. Et même si les charges peuvent être allégées grâce au web, l'entrepreneur devra consacrer son temps libre à pérenniser ses affaires. Combien de temps pourra-t-il tenir physiquement ? Si son entreprise prospère, n'aurait-il pas intérêt à démissionner de son poste pour se consacrer entièrement à sa fonction de chef d'entreprise ? Notez qu'il existe la possibilité de demander à l'employeur des congés ou des temps partiel pour création d'entreprise. Ces derniers pourront lui être accordés sous certaines conditions, notamment le fait d'avoir 24 mois d'ancienneté dans l'entreprise.

Dans tous les cas, ceux qui tentent la double aventure doivent avoir le sens des affaires pour résister. Concilier activité salariale et gestion de sa propre société peut parfois s'avérer compliqué. Gardez les reins solides !