Le modèle bordelais fait des émules. La Cité du vin inaugurée en 2016 accueille plus de 400.000 visiteurs par an et sa fondation pour la culture et les civilisations du vin est associée au projet de musée universel du Vin de Pékin (livraison reportée à 2023) ainsi qu'à celui de Cité des vins de Sauternes (Gironde). Portés par les interprofessions, les collectivités locales ou des entrepreneurs privés, avec souvent une petite part de financement par mécénat, les projets oenotouristiques se multiplient dans les vignobles français.

En Champagne, deux établissements viennent d'ouvrir coup sur coup : le musée du Vin de Champagne et d'Archéologie régionale au Château Perrier, dans la célèbre avenue de Champagne classée à l'Unesco, à Epernay (Marne). Inauguré en mai et porté par la ville (24 millions d'euros d'investissement), il a déjà accueilli 15.000 visiteurs. « Nous avons des collections vraiment exceptionnelles sur l'art de vivre à la française, la fête, la cristallerie, et avec Pressoria nous sommes très complémentaires », indique Laure Ménétrier, la directrice du nouveau musée. Pressoria, c'est le deuxième lieu qui vient d'ouvrir à Aÿ, à 7 kilomètres de là : un centre d'interprétation sensoriel du champagne dans un ancien centre de pressurage de la maison Pommery, projet public lui aussi, d'un montant total de 11 millions d'euros, porté par la communauté de communes de la Grande vallée de la Marne, et géré par une SPL.

D'autres opérations oenotouristiques

Dans les projets en préparation, celui du vignoble d'Alsace, « d'envergure », assure-t-on à Colmar, a été repoussé à après la crise. Dans le Jura, l'interprofession avance à grand pas, après avoir répondu à une sollicitation de la région pour « faire réseau » avec la Cité des vins et climats de Bourgogne. Et là aussi, le choix s'est porté sur un système de mise en réseau de trois sites existants (Arbois, Château-Chalon et Orbagna), qui permet de limiter l'investissement, estimé entre 1 et 2 millions d'euros. « Nous n'avons pas de site à construire et le financement est quasi bouclé », détaille Olivier Badoureaux, directeur du comité interprofessionnel des vins du Jura (CIVJ).

Pendant ce temps-là, au pays du saumur-champigny, le projet de Régis Vincenot entre dans sa phase concrète. L'entrepreneur et patron du groupe RGV a embarqué les collectivités dans un ambitieux « projet privé-public » (44 millions d'euros d'investissement) autour du château de Parnay (Maine-et-Loire), classé aux Monuments historiques. L'idée est d'en faire un lieu de présentation des métiers de la vigne et du vin et un complexe touristique haut de gamme. Il vise 150.000 visiteurs par an.