Le président américain a en effet écarté le candidat favori de M. Mattis pour la nomination du plus haut gradé américain, un poste qui façonnera désormais le Pentagone pendant quatre ans.

Le général Milley, un brillant officier de 60 ans diplômé de l'université de Princeton qui a notamment participé aux guerres d'Irak et d'Afghanistan, succèdera ainsi au général Joe Dunford, nommé à ce poste à 2015 par Barack Obama pour deux ans, et maintenu en place par M. Trump en 2017 pour un deuxième mandat de deux ans.

Le général Milley, dont la nomination doit être approuvée par le Sénat, bénéficiera d'une nouvelle loi adoptée en 2017 pour doubler la durée des mandats du chef d'état-major et de son adjoint pour qu'ils assurent une continuité militaire malgré les changements d'administration.

"Je suis reconnaissant envers ces deux hommes incroyables pour leurs services rendus à notre pays", a indiqué le président américain, après avoir annoncé son choix sur Twitter.

Le général Dunford a aussitôt félicité son successeur, par la voix de son porte-parole, le colonel Patrick Ryder. Il "a servi aux côtés du général Milley en temps de paix et au combat, et il a la plus haute estime pour ses capacités de leadership", a ajouté le porte-parole.

M. Trump a précisé que la date de la passation de pouvoir entre les deux hommes était "encore à déterminer", un signe que le départ du général Dunford, qui devait prendre sa retraite en octobre 2019, pourrait être précipité.

Le colonel Ryder a assuré que "tout laisse à penser que le général Dunford achèvera son mandat".

- Réaction fraîche -

Selon plusieurs médias américains, qui citent des sources non-identifiées au Pentagone, M. Mattis aurait préféré à ce poste le chef d'état-major de l'US Air Force, le général David Goldfein, en vertu d'une tradition au Pentagone selon laquelle les diverses armes se succèdent à la tête de l'état-major. 

Or aucun général de l'armée de l'Air n'a dirigé l'état-major américain depuis 2005. Le général Dunford est issu du corps des Marines.

Mais Donald Trump, qui a rencontré les deux hommes, aurait préféré la personnalité expansive du général Milley, qui émaille ses discours d'humour et de références historiques, à la retenue cérébrale du général Goldfein, très respecté au sein de l'US Air Force.

La réaction du ministère de la Défense à l'annonce du président a d'ailleurs été plutôt fraîche. 

"Nous sommes au courant du choix du président et nous partageons sa confiance dans le général Mark Milley", a indiqué un porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Mike Andrews. 

"Le ministère de la Défense reste totalement focalisé sur la défense de notre pays", a précisé le porte-parole dans un très bref communiqué. 

Les divergences de M. Mattis avec l'hôte de la Maison Blanche se sont multipliées au fil des mois, comme sur l'accord nucléaire avec l'Iran, que M. Trump a dénoncé en mai alors que le chef du Pentagone voulait le préserver, ou la création de la Force de l'espace à laquelle il s'opposait mais que M. Trump a exigée, ou encore le déploiement de soldats américains à la frontière avec le Mexique à l'approche des élections de mi-mandat, qu'il a été contraint d'accepter.

M. Trump avait laissé entendre vendredi qu'il annoncerait cette nomination lors du traditionnel match de football américain Army/Navy, prévu dans l'après-midi de samedi, mais il a finalement choisi Twitter pour faire cette annonce tôt dans la matinée.

M. Mattis et le général Dunford doivent assister avec le président à ce match, qui oppose chaque année la prestigieuse académie militaire de West Point à l'académie navale d'Annapolis dans le cadre du championnat universitaire de football américain.