Préserver le cash

Maintenir sa trésorerie à flots, c'est la priorité du moment pour toutes les entreprises fermées et au ralenti. Mais quand le chiffre d'affaires ne rentre plus, comment continuer à payer ses charges, ses prêts, ses loyers ? Ne plus honorer ses factures est tentant. « Un mauvais réflexe... à déconseiller, estime Lionel Canesi, président national de l'Ordre des Experts-Comptables. C'est le meilleur moyen de se griller avec des entreprises dont vous aurez besoin à la reprise ».

Fonds de solidarité, PGE, chômage partiel ... l'entreprise a tout intérêt à déclencher ces dispositifs d'aides. Mais si le fonds de solidarité qui est une subvention, peut servir à régler les charges fixes, les prêts d'urgence sont eux à manier avec précaution. Leurs remboursements pourraient réduire les capacités d'investissement en sortie de crise.

Ainsi, attention de ne pas trop puiser dans le PGE. Car au moment où il faudra relancer la machine, la plupart des entreprises ne pourront sans doute compter que sur leurs réserves. « A ce stade en effet, les banques auront durci les conditions de financement. Aller chercher du crédit sera plus compliqué », prédit Lionel Canesi.

Soutenir ses employés

Grâce au chômage partiel, les entreprises les plus touchées ont jusqu'à présent réussi à sauver de nombreux emplois. Pour les activités totalement fermées (restauration, salles de sport, discothèques) ou les commerces soumis au couvre-feu, le gouvernement prend en charge jusque 100 % de la rémunération des salariés au chômage. Ce dispositif renforcé restera en vigueur « tant que la crise durera », a déclaré la Ministre du Travail Elisabeth Borne.

Toutefois, dans d'autres secteurs, la règle a déjà changé : les salariés perçoivent 70 % de leur salaire brut (84 % du salaire net). Mais pour Lionel Canesi, l'employeur a tout intérêt à prendre en charge la différence s'il veut conserver ses collaborateurs. « Dans certains secteurs comme la vente, la restauration ou l'artisanat, les difficultés de recrutement sont réelles. Et si vous n'avez pas de gens formés et compétents sous la main, la reprise de l'activité sera compromise. ».

Numériser son activité

« Rien ne sera jamais comme avant. » La majorité des entrepreneurs le pensent. Exemple : les restaurateurs craignent que la généralisation du télétravail réduise la fréquentation dans certains quartiers ; et que la vente à emporter et le « click and collect » s'ancrent dans les habitudes des clients. Face à ces changements durables, 38 % des entrepreneurs déclarent que « leur activité doit se transformer ou évoluer », selon une enquête récente menée pour Initiative France*.

Dans le commerce ou les services, beaucoup ont décidé d'accélérer le basculement vers le numérique tout en conservant un lieu de contact physique. Vente en ligne, communication sur les réseaux sociaux, places de marché Web ... les outils ne manquent pas. Mais comment faire face ? « Pourquoi ne pas recruter un digital native pour en tirer parti au maximum ? », suggère Pierre Goguet (CCI France). Plusieurs aides à l'embauche des jeunes sont ouvertes grâce au plan « 1 jeune 1 solution » : 4.000 euros pour un recrutement en CDI, et jusqu'à 8.000 euros pour un contrat d'alternance.

*enquête réalisée en ligne auprès 4.781 dirigeants d'entreprise du 26 novembre au 13 décembre 2020.