Mickaël Silvestre, 28 ans, était en prison depuis plus de huit mois quand il s'est suicidé, le 31 décembre 2014, dans sa cellule, après avoir ingéré du Subutex qu'il s'était procuré en plus des médicaments psychotropes qui lui étaient prescrits.

Le jeune homme avait été mis en examen pour vol à main armé et placé en détention provisoire, ce qu'il vivait très mal: il avait déjà formulé cinq demandes de remise en liberté. 

"L'administration pénitentiaire avait connaissance, dès son admission, de (ses) troubles psychiatriques graves (...) et du risque très élevé qu'il porte atteinte à son intégrité physique ou commette des actes suicidaires", rappelle le tribunal dans son jugement, dont l'AFP a obtenu une copie.

De plus, la prison "avait connaissance du trafic de médicaments et stupéfiants dans l'établissement, notamment de Subutex, par le système du yoyo" par les fenêtres des cellules, et elle n'a pas montré avoir "mis en place des mesures de surveillance ou de prévention" pour éviter qu'il ait "accès à une substance particulièrement contre-indiquée dans son cas". 

La justice a condamné l'Etat à verser 6.000 euros à sa mère et la même somme à son père, en réparation de leur préjudice d'affection.

"C'est une décision assez rare et assez exemplaire qui montre combien la surveillance de ce jeune, qui demandait à sortir de prison et aurait dû être protégé, était insuffisante", a réagi auprès de l'AFP l'avocat de Monsieur et Madame Silvestre, Me Olivier Morice.

"Ses parents sont soulagés que l'Etat soit condamné", a-t-il ajouté.