Pas de repos pour les braves. Avec la crise sanitaire qui ouvre la voie à une crise économique qui fera des nombreuses victimes - Bruno Le Maire a annoncé qu'il y aurait « des faillites et des licenciements dans les mois qui viennent » -, les chefs d'entreprise se mettent en ordre de bataille. Quitte à renoncer à leurs vacances d'été.

Sacrifier les vacances pour la relance

44 % des chefs d'entreprises sont en effet prêts à « écourter, reporter ou tout simplement annuler leurs congés d'été », d'après une enquête OpinionWay pour la Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur, réalisée auprès de dirigeants de TPE, PME et ETI*. A la place, ils prévoient de se dégager des pauses plus courtes pour se reposer et décompresser (66 %), voire quelques jours en famille (66 %) ou évacuer le stress en pratiquant une activité sportive (55 %).

Ce sont surtout les chefs d'entreprise du commerce, secteur particulièrement touché par le confinement, qui sont concernés par cet arbitrage. 54 % d'entre eux reconsidèrent en effet leurs congés d'été au regard de la situation actuelle. Les patrons d'ETI sont en revanche moins concernés par cet arbitrage : seuls 20 % entendent revoir leurs vacances par rapport à ce qui était prévu.

A l'heure de la relance, ces dirigeants n'envisagent pas de s'éloigner de leur entreprise ou de leurs équipes alors que les activités reprennent. Car il y a du pain sur la planche : il leur faut organiser le retour des équipes, planifier la reprise, renforcer le développement commercial voire innover pour assurer une reprise sous les meilleurs auspices.

Motivation et combativité

Malgré la période, les chefs d'entreprise ne se laissent donc pas abattre. D'après cette enquête, une large majorité d'entre eux fait même preuve d'une motivation forte pour « ré-entreprendre ». 92 % révèlent ainsi un très fort sentiment de combativité et 85 % d'engagement pour surmonter cette crise et aborder la relance.

Ils sont également nombreux à se montrer agiles et prêts à s'adapter : 79 % se déclarent ouverts aux opportunités et à faire évoluer leur entreprise. 47 % affirment même vouloir développer de nouvelles activités, souligne l'enquête. « Cela tranche avec le climat actuel de sinistrose, nous rappelant une nouvelle fois les capacités de résilience, de combativité des femmes et hommes d'entreprises de notre pays », note de son côté Patrick Miliotis, directeur général de la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur.

Des inquiétudes persistent

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les chefs d'entreprise se montrent plutôt confiants en l'avenir. La majorité (56 %) assure ne pas être très inquiète, contre seulement 17 % qui craint véritablement pour la survie de leur entreprise. Un optimisme que les dirigeants trouvent grâce au soutien de leurs proches pour 88 % d'entre eux ainsi qu'à une dynamique collective forte dans plus de 7 entreprises sur 10.

L'enthousiasme de la relance ne gomme cependant pas toutes les craintes des chefs d'entreprise, en particulier dans le commerce. 54 % des dirigeants du secteur se disent en effet très inquiets. Comme pendant le confinement, ce sont le maintien de la trésorerie et le carnet de commandes qui constituent les principales sources d'inquiétude pour respectivement 82 % et 72 % des entrepreneurs interrogés. Viennent ensuite la situation financière personnelle du dirigeant (45 %) et l'organisation de l'entreprise (34 %).

* Sondage réalisé par OpinionWay pour la Fondation MMA Entrepreneurs du Futur, conduite par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de 802 dirigeants de TPE, PME et ETI entre le 12 et le 22 juin 2020.