Face à la pénurie de masques chirurgicaux et de filtration dans la lutte contre la propagation du coronavirus, une entreprise localisée dans la Loire, Les Tissages de Charlieu, a réorienté en un temps record toute sa production. « En accord avec nos clients du secteur de l'habillement, du sport et des industriels pour qui nous fabriquons des tissus techniques, nous avons mis en stand-by toutes leurs commandes pour réorienter notre outil de production sur un modèle de masque de confinement afin de faire face à la pénurie », explique Antoine Saint-Pierre, directeur associé de LTC.

Après avoir mis au point, en fin de semaine dernière, un prototype en coton et polyester, en s'inspirant de ce qu'avait fait le CHU de Grenoble, la PME du Roannais l'a soumis lundi à la Direction générale de l'armement et aux autorités de santé. Après quelques modifications, ce masque lavable et réutilisable est entré en production dès mardi. « Les premières commandes sont parties mercredi en direction du service cancérologie d'un hôpital lyonnais », a précisé aux « Echos » Eric Boël, son président.

Pas un substitut aux masques normalisés

« Pour accélérer les livraisons, elles s'effectuent par rouleaux de 200 à 300 masques, qu'il suffira de découper sans aucune confection à réaliser - les élastiques étant déjà fixés lors du tissage -, de passer au fer à vapeur et de laver à 30 °C à l'aide de détergents classiques avant utilisation », précisent-ils. Ce produit innovant n'est pas constitué de matériaux non tissés, comme les actuels masques de protection, mais de deux couches de coton recyclé et d'une couche molletonnée de polyester texturé. « Il ne prétend pas se substituer aux masques normalisés », mais il a vocation à équiper les personnes, y compris du secteur médical, qui ne sont pas directement en contact avec le virus. Afin d'allouer les masques de type FFP2 disponibles à ceux qui en ont vraiment besoin.

En fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, les 80 métiers à tisser jacquard de LTC devraient produire quotidiennement 100.000 masques. « Nous transférerons dans la semaine les informations [protocole de fabrication, patron, grammage, composition des fils, NDLR] de cette innovation à nos confrères tisseurs industriels français, pour tous ensemble contribuer à vaincre cette épidémie », annoncent ses dirigeants.