Une semaine après l'adoption du projet de loi par le Sénat en commission, qui n'a pas remis en cause l'essentiel du texte déjà voté par l'Assemblée nationale, un collectif de 22 associations, dont la Manif pour tous, appelle à se rassembler dimanche à partir de 13H00, place de la Résistance à Paris, sous la bannière "Marchons Enfants!".

Lors de la mobilisation précédente, le 6 octobre, quelque 74.500 personnes avaient défilé dans la capitale, selon un comptage réalisé par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont l'AFP.

"Ce qui s'est passé au Sénat nous motive encore plus à nous mobiliser contre ce projet de loi qui ne mérite plus de s'appeler bioéthique", a déclaré Caroline Roux, déléguée générale adjointe d'Alliance Vita, une association anti-IVG, lors d'une conférence de presse.

Elle dénonce un ultralibéralisme "qui va toujours plus loin". "Il y a une fuite en avant vers le tout PMA. Ce n'est pas simplement la question du remboursement, il y a une ligne rouge qui a été franchie en la permettant hors critères d'infertilité", a-t-elle poursuivi.

L'archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit a fustigé dans un communiqué mercredi qu'"infliger volontairement (l'absence d'un père)" est "monstrueux".

Les associations ont également pointé du doigt la "méthode cause toujours" du gouvernement. Elles regrettent que ce qu'elles ont proposé lors des Etats généraux de la bioéthique organisés en 2018 n'ait pas été pris en compte dans le projet de loi. "Et depuis quelques semaines, c'est le silence", affirment-elles.

Reste donc la rue. Malgré les perturbations à la SNCF, la présidente de la Manif pour tous Ludovine de la Rochère se veut "optimiste" quant à la mobilisation à venir. "Je pense que ce sera une manifestation très importante avec un public très conscient des enjeux derrière la loi bioéthique", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Malgré l'examen en première lecture prévu mardi au Sénat, les associations gardent espoir. "Au lendemain de la manifestation du 2 février 2014, avait été retiré le projet de loi famille de la ministre Dominique Bertinotti", qui avait renoncé à y inclure la PMA pour toutes, a rappelé Ludovine de la Rochère.

"Au fond c'est une question de courage en politique et de convictions personnelles. Pas de couleur ou d'appartenance à tel parti", a lancé Bertrand Lionel-Marie, des Associations familiales catholiques (AFC), qui demande aux parlementaires d'aller contre "l'esprit du temps".

Le collectif n'exclut pas d'autres manifestations "dans les prochaines semaines", en cas de statu quo du texte et de "non-ouverture d'un dialogue".