La reprise qui s'annonce sera-t-elle favorable à l'emploi, ou insuffisante pour contrer les plans sociaux en préparation ? A cette question, sur laquelle économistes se divisent, Pôle emploi fournit une réponse plutôt positive. Avec plus de 2,7 millions d'intentions d'embauche prévues, le millésime 2021 de son enquête annuelle auprès des entreprises sur leurs besoins en main-d'oeuvre s'annonce de très bonne facture. Un peu meilleur même que celui d'avant-crise. « Les résultats sont extrêmement encourageants. On sent que les entreprises sont dans les starting-blocks », a commenté mardi le directeur Etudes et Performance de l'opérateur public, Stéphane Ducatez, lors d'une conférence de presse.

Précisément, le baromètre table sur 30.000 projets de recrutement de plus qu'en 2019 - sachant que huit sur dix vont généralement au bout - dont près des deux tiers en emploi durable (CDI ou CDD de plus de six mois). Le pourcentage d'établissements concernés reste stable, à un peu plus d'un sur cinq. Mais - fait notable - ce sont surtout les entreprises de moins de 10 salariés qui sont demandeuses.

L'enquête mesure les intentions d'embauche qui sont autant d'opportunités pour un chômeur ou un salarié d'une autre entreprise ce qui, dès lors, peut déclencher une ou plusieurs autres embauches. Elle ne prend pas en compte les millions de CDD courts qui font que le nombre final de déclarations d'embauche sera bien supérieur.

Réalisés entre octobre et décembre 2020, ses résultats pourraient-ils être remis en cause par le retour à confinement de ce printemps ? Stéphane Ducatez ne le pense pas, même si les entreprises ont fait preuve de « prudence » en ce début d'année, note-t-il.

Construction, santé et agriculture

Ces chiffres vont dans le sens des projections du gouvernement. Le programme de stabilité qu'il a récemment envoyé à Bruxelles prévoit 100.000 emplois salariés supplémentaires cette année, dans le privé. « Il ne faut pas exagérer le risque de faillites dans les prochains mois », a abondé mardi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, cité par l'AFP, rappelant que la situation de trésorerie des entreprises n'était pas particulièrement inquiétante.

La construction, la santé et l'agriculture caracolent en tête des secteurs qui comptent le plus embaucher, à l'opposé de la métallurgie, du transport ou de l'hôtellerie-restauration. La crise n'a pas eu d'effet majeur sur le classement des métiers les plus recherchés dont certains, à l'image de ceux d'agents d'entretien de locaux ou de serveur, n'ont pas été épargnés.

Grand Ouest dynamique

Un changement notable apparaît, en revanche, quant à la localisation des projets de recrutements : au dynamisme des régions du Grand Ouest s'oppose le retrait de celles du Sud-Est, de Rhône-Alpes ou de l'Est. Signe supplémentaire d'un certain foisonnement, le baromètre de Pôle emploi montre que les difficultés de recrutement anticipées par les entreprises ressortent à leur niveau de 2018. Elles sont 45 % à faire mention de ces craintes, majoritairement par peur de ne pas trouver les bons profils de candidats.

Dans ce contexte, Pôle emploi a mis en place des actions dans l'hôtellerie, la santé ou le BTP, trois secteurs qui risquent de manquer de bras lors de la reprise, a rappelé sa directrice des services aux entreprises, Catherine Poux.