"C'est mon identité. Moi je suis barcelonais, catalan, français, espagnol et européen. C'est à ce titre que je suis là, pour défendre cette Barcelone", a expliqué l'ancien chef du gouvernement de François Hollande, qui manifestait à Madrid, dimanche 10 février. "Barcelone et la Catalogne sont mis en cause par les séparatistes et par les populistes (...) et il faut défendre la constitution espagnole, 40 ans de démocratie exceptionnelle, l'État de droit", a-t-il poursuivi.

"Il ne faut pas laisser l'avenir du pays dans les mains des séparatistes, des nationalistes et des populistes", a-t-il estimé au micro de l'AFPTV. L'ex-député de l'Essonne défilait au côté du prix Nobel péruvien Mario Vargas Llosa. Interrogé sur la présence de l'extrême droite, Manuel Valls a rétorqué que ce n'est "pas elle qui a le monopole du patriotisme et de l'amour de la Constitution". 

"Le vieux débat de mettre des étiquettes"

"Je n'étais pas à côté de l'extrême-droite et ici les gens viennent avec leurs différentes identités", s'est défendu Manuel Valls. "Ici, ce sont les Espagnols qui ont envie de défendre la Constitution". "C'est toujours le vieux débat de mettre des étiquettes", a-t-il regretté. 

Aux cris de "Sanchez démission", la droite et l'extrême droite ont mobilisé plusieurs dizaines de milliers de personnes : environ 45.000 personnes selon la police, plus de 200.000 d'après le Parti populaire (PP, droite). Brandissant des drapeaux espagnols et des pancartes clamant "Stop Sanchez", les manifestants se sont rassemblés sur la place Colon avec pour mot d'ordre "Pour une Espagne unie, des élections maintenant".

Douze leaders indépendantistes jugés cette semaine

Convoquée par le PP et les libéraux de "Ciudadanos" (soutiens de Manuel Valls), auxquels s'est joint le parti d'extrême droite Vox, cette mobilisation intervenait deux jours avant l'ouverture mardi à Madrid du procès historique de douze anciens dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne d'octobre 2017.

Le PP, Ciudadanos et Vox reprochent à Pedro Sanchez de "trahir" l'Espagne et d'aller à l'encontre de l'unité du pays en tentant de dialoguer avec les séparatistes. Le chef du gouvernement est arrivé au pouvoir en juin, notamment grâce aux voix des indépendantistes catalans, dont il a absolument besoin pour faire passer son budget. 

Ces trois formations, qui se sont récemment alliés en Andalousie pour chasser du pouvoir le Parti socialiste, seraient en mesure, selon plusieurs sondages, de former une majorité au niveau national.