Votre entreprise se trouve en situation de faillite lorsqu’elle n’est plus en mesure d’honorer ses dettes en cours et qu’elle ne dispose donc plus de suffisamment de fonds pour pouvoir continuer ses activités. Toutefois, une entreprise au bord de la faillite n’est pas forcément condamnée à disparaître. Décidés à temps, certains recours peuvent encore être envisagés pour tenter de remettre à flot l’entreprise et ainsi, éviter les conséquences graves d’une liquidation judiciaire (responsabilité patrimoniale du dirigeant sur les dettes, licenciement des salariés, …).

Restructurer votre entreprise : les procédures légales pour gagner du temps

Avant même d’être en cessation de paiement, le dirigeant d’une entreprise rencontrant d’importantes difficultés financières peut demander un mandat ad hoc au président du tribunal. Tout chef d’entreprise se doit d’être particulièrement attentif aux signes avant-coureurs d’une éventuelle faillite et savoir se remettre en question pour demander de l’aide à temps. Le mandataire aura alors pour rôle d’accompagner le dirigeant dans la restructuration des dettes de l’entreprise, de l’aider à trouver de potentiels nouveaux financements. Une conciliation peut également être demandée. Au même titre que le mandat ad hoc, cette procédure est d’autant plus intéressante qu’elle reste confidentielle, évitant ainsi d’altérer publiquement l’image de l’entreprise. De plus, un conciliateur peut être désigné dès lors que la cessation de paiement n’a pas dépassé 45 jours. Le conciliateur dispose alors de 5 mois pour vous aider à négocier des accords auprès des créanciers en obtenant des délais ou un étalement de la dette, la négociation de nouvelles créances (payables en priorité en cas de liquidation par la suite), l’annulation des pénalités ou encore l’arrêt des intérêts par exemple.

Autre solution plus radicale : le redressement judiciaire. Il s’agit d’un ultime recours à engager auprès du Président du Tribunal dans les 45 jours suivant la cessation de paiement. Cette procédure permet de geler les créances et toutes poursuites judiciaires durant la période d’observation de 6 mois et qui peut être renouvelée jusqu’à 18 mois dans le cas où la situation de l’entreprise est plutôt prometteuse. Un plan de redressement établi avec un administrateur doit ensuite être validé par le tribunal pour vous permettre de rembourser vos dettes sur 10 ans. À noter qu’aucune nouvelle dette ne pourra être contractée durant cette période. Profitez donc de ce délai pour restructurer l’entreprise afin de maîtriser au mieux les postes de dépenses et réaliser des économies substantielles tout en maximisant les encaissements afin d’assainir la trésorerie.

Renflouer la trésorerie de l’entreprise sans créer de dettes

Une des options pour améliorer le fond de roulement de l’entreprise consiste à impliquer au maximum vos clients – et notamment les plus fidèles – dans le sauvetage de l’entreprise à travers les factures d’acompte par exemple. Ces acomptes doivent ainsi permettre de supporter le coût de production sans entamer votre trésorerie courante. Vous pouvez également opter pour la délégation de paiement qui consiste en un accord tripartite entre vous, votre fournisseur et votre client. Concrètement, votre client s’engage à payer directement votre fournisseur sur les produits dont vous avez besoin pour votre activité. Ce dispositif permet ainsi au fournisseur d’être rassuré quant au paiement de sa facture. N’hésitez pas non plus à relancer les clients qui n’ont pas encore réglé leur(s) facture(s) pour réclamer votre dû. Enfin, recourir à l’affacturage peut aussi être une alternative intéressante pour percevoir directement le paiement d’une facture en concédant un pourcentage à la société d’affacturage.