Une grande richesse

Quelque 95.000 espèces d'oiseaux, d'insectes, de poissons, de mammifères, de plantes à fleurs ou de champignons, vivent en France métropolitaine, et plus de 80.000 en Outre-mer, selon les chiffres 2018 de l'Observatoire national de la biodiversité (ONB).

Environ 80 % de ces 180.000 espèces sont terrestres ou d'eau douce, reflet d'une réalité mais aussi des connaissances plus partielles sur les espèces marines.

Près de 18.000 de ces espèces sont endémiques, dont 83 % en Outre-mer. La France a ainsi seule la responsabilité de conservation pour ces végétaux et animaux dont elle abrite l'ensemble de la population. 

Pour mettre en valeur et protéger cette biodiversité, la France compte diverses aires protégées, notamment dix parcs nationaux, avec un onzième en cours de création.

Plus de 1.500 espèces menacées

Sur les 180.000 espèces recensées en France, plus de 1.500 sont considérées comme menacées au niveau mondial par la liste rouge de l'Union internationale de la conservation de la nature (IUCN).

La liste rouge UICN élaborée au niveau national, qui a évalué 6.500 espèces depuis 2007, estime de son côté que 26 % de ces espèces sont menacées sur le territoire (sans l'être nécessairement au niveau mondial). Parmi elles, des mammifères, comme le vison d'Europe, le lapin de garenne, le lynx, le loup ou l'ours, mais aussi des oiseaux comme la bécassine des marais ou le martin pêcheur d'Europe, des amphibiens comme la grenouille des champs ou des poissons comme la raie bouclée.

Les dernières années ont, d'autre part, vu une chute "vertigineuse" des oiseaux des campagnes (-60 % de moineaux friquet depuis dix ans, un tiers d'alouettes des champs disparues en quinze ans..), selon une étude choc du CNRS et du Muséum d'histoire naturelle, publiée en mars.

Les indicateurs 2018 de l'ONB, qui agrègent les données sur le vivant récoltées par des dizaines d'organismes, concluent de leur côté à une baisse globale de 30 % de ces oiseaux des champs entre 1989 et 2017. Et le déclin touche aussi les oiseaux des villes, comme les moineaux parisiens, et même depuis 2005 les oiseaux "généralistes" (qui vivent dans tous types de milieux) qui, avant, contrebalançaient la disparition des autres. 

Autre classe particulièrement touchée, les chauve-souris : elles ont diminué de près de 40 % en métropole en dix ans.

Ce déclin général est particulièrement inquiétant pour l'humanité, à qui cette nature rend de multiples services vitaux, de l'eau à l'alimentation (notamment l'agriculture, menacée par la chute des pollinisateurs), en passant par les médicaments ou l'absorption du carbone.

Les pressions sur la nature

La perte de cette biodiversité est liée à divers facteurs, qui peuvent être cumulatifs.

Parmi les principaux, les pesticides. Selon l'ONB, l'usage de produits phytosanitaires a ainsi augmenté de 18 % entre la période 2009-2011 et la période 2013-2015.

Autre menace, le rythme élevé de l'artificialisation des sols. Entre 2006 et 2015, la métropole a perdu près de 600.000 hectares de terres agricoles et d'espaces naturels, soit l'équivalent d'un département comme la Seine-et-Marne, remplacés principalement par des surfaces goudronnées.

Les cours d'eau sont aussi de plus en plus fragmentés par des ouvrages (16 obstacles à l'écoulement pour 100 km de cours d'eau en 2018).

Les espèces exotiques envahissantes menacent également les écosystèmes et les espèces indigènes, avec lesquelles elles entrent en compétition. La France compte 509 de ces espèces introduites par l'homme, volontairement ou non, en dehors de leur habitat naturel, comme le frelon asiatique, l'ambroisie ou la grenouille taureau.

Autres facteurs importants également pris en compte par l'ONB, qui travaille sur des cartes mettant en lumière les pressions cumulées sur la biodiversité : le changement climatique ou la pression touristique.