Le nouveau sultan, Haitham ben Tarek, a accueilli au palais Al-Alam des dignitaires au-delà des lignes de fracture du Moyen-Orient, dans la lignée de la neutralité d'Oman forgée par le sultan Qabous, inhumé samedi dans le cimetière royal de Mascate après que son successeur a prêté serment.

Parmi les dignitaires reçus, Mohammed ben Zayed, prince héritier d'Abou Dhabi et homme fort des Emirats arabes unis, suivi de l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani: Oman est resté neutre dans le conflit qui oppose depuis 2017 l'Arabie saoudite et les Emirats d'une part, et le Qatar de l'autre.

L'Iran a lui envoyé son chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif, alors que le sultan Qabous avait développé de bonnes relations avec Téhéran, tout un étant un allié des Etats-Unis et de Ryad.

L'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, et le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al-Khalifa, ont aussi fait le déplacement.

Le président tunisien, Kais Saied, a aussi fait le déplacement, tout comme le Yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi.

Côté européen, l'ancien président français Nicolas Sarkozy a présenté ses condoléances au nouveau sultan au nom de la France. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et le prince Charles, héritier du trône britannique, ont aussi été reçus par le nouveau chef d'Etat omanais.

En près d'un demi-siècle de règne, le sultan Qabous, qui a fréquenté la prestigieuse Royal Military Academy de Sandhurst, en Grande-Bretagne, a modernisé son pays et lui a conféré le statut d'un pays neutre et respecté.

Haitham ben Tarek, un cousin, s'est engagé dans son premier discours samedi à "suivre la voie tracée par le sultan défunt".

Le décès du sultan Qabous intervient dans une période de vives tensions entre Téhéran et Washington, après la mort d'un puissant général iranien le 3 janvier dans une frappe américaine à Bagdad, suivie de tirs de missiles iraniens sur une base irakienne abritant des Américains.

Les hommages au sultan Qabous ont afflué à travers le monde, de l'Iran aux Etats-Unis en passant par Israël, dont il a reçu le Premier ministre Benjamin Netanyahu en 2018, en dépit de l'absence de relations diplomatiques officielles entre les deux pays.