Il a pris cette décision, a-t-il expliqué en substance, parce que les organisateurs de cette commémoration n'ont pas prévu de lui donner la parole, alors que le président russe Vladimir Poutine - auteur, récemment, de lourdes accusations contre la Pologne - devrait y jouer un rôle important.

"Ou bien la Pologne pourra prendre la parole, ou bien le président de la République ne doit pas participer à cet événement", a dit M. Duda aux journalistes à l'issue d'une réunion du gouvernement sous sa présidence.

"Ainsi (...) nous avons décidé qu'en tant que président de la République je ne participerai pas à l'événement qui aura lieu à Jérusalem le 23 janvier", a-t-il ajouté. 

Le président russe Vladimir Poutine a récemment accusé la Pologne d'avant-guerre de collusion avec Hitler et d'antisémitisme.

La Pologne, premier pays attaqué par l'armée d'Hitler, a perdu six millions d'habitants, dont trois millions de Juifs.  

Mardi, le président Duda a qualifié les déclarations de M. Poutine de "sorte de révisionnisme post-stalinien", qui "déforment de manière évidente la vérité historique".

Il a estimé par ailleurs que "le jour vraiment le plus important" est la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, célébrée le 27 janvier sur le site de l'ancien camp nazi d'Auschwitz, créé par les Allemands sur le territoire polonais occupé. 

A la veille de l'invasion allemande de la Pologne le 1er septembre 1939, Moscou et Berlin se sont partagé l'Europe de l'Est dans un protocole secret du pacte Ribbentrop-Molotov signé le 23 août. L'URSS a attaqué la Pologne le 17 septembre 1939 et les Soviétiques ont occupé une bonne partie du territoire polonais. L'Allemagne a attaqué l'URSS le 22 juin 1941.

Quelque 1,1 million de personnes ont été tués à Auschwitz par les nazis, dont un million de Juifs, entre 1940 et 1945.