Pas touche aux conditions d'indemnisation. Réunis ce jeudi au siège du Medef pour la première de leurs six séances de négociation sur l'assurance chômage, syndicats et patronat ont choisi d'aborder tous les sujets sur la table, mais l'un d'entre eux a dominé les débats : celui de l'extension de l'Unédic aux démissionnaires, promesse phare d'Emmanuel Macron. Avec, à la clé, une unanimité pour que cette extension ne se fasse pas à droits dégradés, les partenaires sociaux affichant leur opposition au cadrage voulu par l'exécutif.

Soucieux de limiter les effets d'aubaine, le gouvernement veut assortir l'extension de l'Unédic aux démissionnaires à l'existence d'un projet professionnel, mais aussi à une durée d'indemnisation plus courte ou à une allocation limitée, le tout une fois tous les cinq ans. Les partenaires sociaux, eux, ne retiennent que le projet professionnel comme critère d'entrée.

« Hors de question de baisser les droits », a averti la CGT. Cela reviendrait à ouvrir une boîte de pandore, ont renchéri en substances FO, la CGC et la CFTC. « La prise en charge des démissionnaires est un vrai sujet », a abondé la CFDT, mais doit se faire dans une logique de sécurisation de parcours professionnel.

Même son de cloche côté patronal. « Définir des droits dégradés emporte des conséquences qu'il est judicieux d'examiner », a prévenu le Medef, renvoyant à des solutions en dehors de la case Unédic, à l'image du Compte personnel de formation. « Il faut raccorder cette question avec celle de la formation professionnelle », a abondé la CPME.

Les débats sur l'extension du régime aux indépendants ont par ailleurs montré l'abîme de complexité du sujet. Pour ceux qui dépendent de plateformes, syndicats et patronat s'accordent pour ne pas se précipiter, et surtout pour refuser de créer un statut à part. Pour tous les autres, la balle est renvoyée à l'Etat, à charge pour lui de trouver les moyens de financer le régime de solidarité qu'il a promis. « Il y a beaucoup plus de questions que de réponses », a estimé la CFTC, résumant l'esprit général.

Reste, enfin, le sujet le plus clivant, celui de la précarité professionnelle. Le patronat a assuré qu'il allait engager les travaux d'analyse dans les quelques branches les plus utilisatrices de contrats courts, conformément à ce qui avait été acté avec la dernière convention Unédic. Ce qui ne convainc pas les syndicats, loin de là...