Vivre de son hobby est possible dès lors que l'on se donne les moyens de réussir. Une analyse minutieuse de la situation et une préparation rigoureuse avant chaque nouvelle démarche constituent les étapes essentielles pour démarrer un business lié à sa passion dans de bonnes conditions. Quelles sont ces démarches et qui peut-on aller voir pour obtenir des informations concrètes ?

Des questions à se poser, inhérentes à toute création d'entreprise

La première question à se poser est : « Pourquoi créer mon entreprise ? » Vos motivations sont simples : vous désirez vivre de votre passion. Vous devez vous demander s'il est nécessaire de conserver, au minimum à temps partiel, votre travail salarié ou si vous devez démissionner. Si vous avez une famille, la prudence s'impose. Si vous êtes libre de toute obligation familiale, vous pouvez plus facilement vous consacrer à votre rêve à 100 %.

Passion ou hobby, il est absolument nécessaire d'évaluer la portée de sa future activité sur votre future clientèle (qu'elle soit grand public ou professionnelle) pour être sûr de générer un revenu suffisant. Le produit ou le service proposé doit être suffisamment attractif et provoquer le besoin ou l'envie d'acheter. Comme dans tout processus de création d'entreprise, les interrogations à mener doivent logiquement porter sur les moyens de production et la mise en place de la structure. Une étude de marché fiable donne des indications sur les fournisseurs à privilégier, les clients potentiels et les prix de revient à ne pas dépasser.

Les interlocuteurs auxquels parler de son projet pour le faire avancer

Pour concrétiser votre projet de création, sachez qu'il existe des aides (aides de l'État et des collectivités territoriales, allègements fiscaux, exonérations de charges sociales, mais aussi aide au conseil) ! Si vous êtes en situation de chômage, Pôle Emploi est le premier organisme à contacter. Si vous êtes salarié, fonctionnaire ou indépendant, les experts de la chambre des métiers ou encore l'APCE, Agence Pour la Création d'Entreprises, vous aident à évaluer le potentiel à votre disposition et à déterminer si votre projet est viable.

Faut-il vraiment investir dans un secteur passion ?

Plus de 40 % des jeunes entrepreneurs (moins de 35 ans) estiment que la passion est le moteur qui leur permet d'avancer. L'innovation constitue un des principaux axes de réussite pour 75 % d'entre eux. Il existe des avantages et des inconvénients à entreprendre dans un secteur passion. Si la motivation est sans doute plus importante que dans le cadre d'un projet classique, le manque de clarté ou de réalisme sur le business model à adopter peut causer des désagréments. L'autre inconvénient réside dans la difficulté à changer de voie, à adopter des solutions radicales pour faire évoluer le business model. Il est sûrement plus difficile de modifier sa vision des choses lorsque l'on s'investit professionnellement dans un milieu passionnel. Un peu moins de rigidité permettrait pourtant d'évoluer et de trouver des axes business inexploités qui peuvent pourtant s'avérer rentables.

Ceux qui ont pu faire de leur passion un métier valorisant

Ils ne sont pas si nombreux, les entrepreneurs qui ont fait de leur rêve une réalité. Gérard Ochem a toujours été passionné par les sciences humaines et la psychologie, ce qui l'a conduit à créer Map'up, un dispositif qui permet de repérer les talents cachés de chaque individu. A l'origine de l'entreprise : un accident d'alpinisme qui lui a ouvert les yeux sur sa véritable vocation et sa volonté de se détacher de l'entreprise familiale de transport de marchandises, tenue par son père. Rémi Demersseman-Pradel, fondateur de La Part de Rêve, avoue aisément qu'il aurait baissé les bras les premiers mois de son activité entrepreneuriale s'il n'avait pas été animé par la passion de regarder les enfants jouer dans ses crèches. Le dessinateur de presse Tony Gouarch, quant à lui, a été bien inspiré de faire de sa passion pour la caricature un métier, mais cela n'aurait pas été possible s'il n'avait pas repris ses études à 28 ans.