Créée en 2008, l'entreprise américaine Groupon a connu un essor fulgurant. Aujourd'hui présente dans 48 pays, elle compte plus de 200 millions d'abonnés à travers le monde, dont près de 45 millions de membres actifs. La firme est même entrée en Bourse fin 2011. Lorsque l'on se renseigne sur l'entreprise sur le web, les moteurs de recherche affichent de nombreux commentaires négatifs de la part des clients et des commerçants, allant pour certains jusqu'à la qualifier d'arnaques. Groupon est-il une affaire pour les commerçants ou un leurre ? Éléments de réponse.

Le concept de la firme

Pour bien comprendre le phénomène il faut revenir au concept de la firme. Groupon reste un site e-commerce comme beaucoup d'autres, sauf qu'il repose sur le principe des achats groupés qui permettent aux consommateurs de bénéficier de tarifs très avantageux, avec des réductions de l'ordre de 50 à 90% par rapport au prix initial des produits, sous réserve que le seuil minimum d'acheteurs pour bénéficier de ce prix soit atteint. Concernant l'offre, l'entreprise propose un large éventail de produits et services, des biens de consommation courante (vêtements, high-tech...) aux loisirs (voyages, restauration...).

Si le concept a séduit et regroupe des centaines de millions d'abonnés dans le monde, c'est que les consommateurs y ont trouvé un avantage certain, celui-ci du prix, qui n'est pas des moindres au regard de la crise économique actuelle, mais également lorsque l'on considère que le pouvoir d'achat des ménages diminue.

Pour proposer une offre diversifiée, Groupon s'appuie sur un important réseau de commerçants. Pour y parvenir, la firme surfe sur le bénéfice d'image que son modèle procure aux commerçants qui y participent, que ce soit pour recruter de nouveaux clients ou bien-même les fidéliser.

Une entreprise critiquée par certains commerçants

Nombre de professionnels ayant tenté l'expérience, déconseille d'utiliser le service qu'offre la firme. Outre plusieurs plaintes déposées à l'encontre de l'entreprise, le cas d'une commerçante ayant dû déposer le bilan a  largement été diffusé sur le web. Plusieurs raisons sont invoquées par les détracteurs pour justifier leur désamour de ce site d'e-commerce.

Premier inconvénient majeur, ils jugent les conditions d'affaires intenables, devant proposer leurs offres avec une réduction de 50% minimum par rapport au prix de base, sur lesquelles la firme prend ensuite une commission pouvant aller jusqu'à 50%. Difficile donc pour certains, selon ces données, d'être rentables, considérant également que des concurrents de Groupon ont fixé leur commission à un tarif bien inférieur.

Deuxième frein, les pratiques relationnelles de l'entreprise qui sont vivement critiquées. Le manque de suivi des accords passés a été dénoncé par nombreux commerçants, mais également, l'absence de solutions face à un succès important généré par une réduction, où les professionnels se sont retrouvés submergés par une trop forte affluence de clients détenteurs d'une offre Groupon à laquelle ils n'étaient pas bien préparés et ne pouvaient faire face.

Groupon, un bon plan pour commerçants

Pour autant, la société fonctionne et continue d'attirer des clients et des commerçants. Le concept répond aux besoins des professionnels sous réserve qu'ils aient bien pris la mesure de leur partenariat avec la firme. Les coûts de la réduction et de la commission doivent être pensés comme un investissement de plus ou moins long termes avec des objectifs préalablement fixés. Selon ce schéma, les offres de la firme sont un moyen de gagner en notoriété, de recruter des clients, de développer son chiffre d'affaires et sa rentabilité à plus large échéance, bien que cela ne soit pas le cas pour toutes les entreprises.

Les commerçants engagés dans un partenariat avec Groupon, doivent avoir pensé à la communication spécifique auprès des clients détenteurs des offres et proposer un service irréprochable à ces derniers pour transformer les fidéliser. Trop de professionnels ayant encore tendance à accorder peu d'importance aux clients de la firme qui ne sont pas jugés rentables de prime abord.

A noter que l'entreprise a tiré certaines expériences du passé et revu en partie son fonctionnement pour présenter des offres plus qualitatives et assurer un meilleur suivi de ses partenaires. Pour ceux tentés par l'aventure mais refroidis par le coût de l'opération, des solutions concurrentes existent, comme Living Social.