C'est assez rare en ce moment pour être souligné. Comme elles l'ont fait sur l'égalité femmes-hommes avec un certain succès, les cinq confédérations syndicales représentatives ont décidé de parler d'une seule voix sur la santé au travail. Elles ont publié mercredi un communiqué commun sur le sujet qui affirme leur détermination à la fois à obtenir une remise à plat du système actuel et à peser sur son contenu. Avec deux objectifs : construire « une stratégie de prévention primaire des risques professionnels » et « assurer une traçabilité de l'état de santé des travailleurs ».

Eviter un projet clefs en main

Près de six mois après l'annonce par le Premier ministre, Edouard Philippe, du lancement d'une réforme, cette expression commune n'est pas seulement une manifestation d'impatience à voir le dossier ouvert. Les syndicats ont aussi manifestement le souci de ne pas se voir imposer un projet clefs en main.

Ils prennent soin de prévenir dans leur communiqué qu'ils ne se contenteront pas « sur un sujet aussi essentiel, de concertations menées au pas de charge sur la base d'une réforme construite de façon unilatérale par le ministère du Travail ».

Les confédérations veulent absolument pouvoir négocier le contenu du dispositif et sont échaudées par les précédents de l'assurance-chômage et surtout de la formation professionnelle. Unies, elles abordent en position de force le dossier, après la publication de plusieurs rapports commandés par l'exécutif. Elles n'en partagent pas forcément toutes les propositions mais elles les ont globalement bien accueillies, que ce soit le rapport Frimat sur le suivi de l'exposition aux risques professionnels ou le rapport Lecocq qui prône ni plus ni moins qu'une révolution du système actuel.

Du côté du gouvernement, on prend le communiqué des confédérations plutôt positivement, même si pour l'instant, on se refuse à préciser la méthode qui sera choisie, parlant de discussions qui pourraient démarrer dans quelques semaines.

Il paraît en tout cas difficile sur un sujet sur lequel les syndicats ont beaucoup travaillé et sont demandeurs d'un big bang de leur claquer la porte au nez. C'est plutôt du côté du patronat que les choses s'annoncent compliquées et pourraient donner lieu à quelques turbulences internes sur le sujet.

La réforme devrait être gérée à la fois par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et la secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé, Christelle Dubos.