La création d'entreprise a le vent en poupe en France. Avec la crise, l'instabilité de l'emploi amène de plus en plus de personnes à se lancer. Mais quels sont les intérêts et les désavantages de la création d'entreprise en France ? Le cadre législatif et la situation économique actuelle sont-ils vraiment propices à cette aventure ?

La création d'entreprise : une chance en période de crise

La vitalité des entrepreneurs français depuis la crise économique de 2008 n'est plus à démontrer. Leur nombre ne cesse de croître (près de 26 000 nouvelles entreprises créées chaque mois entre septembre et décembre 2015, selon l'INSEE). Mais cette augmentation signifie-t-elle que la création d'entreprise est une chance à saisir pour les artisans, commerçants et professions libérales ? Ou s'agit-il plutôt d'un plan B adopté par des personnes sans emploi ou dont la situation salariale a été impactée par la crise ?

Ces deux facteurs expliquent l'augmentation de la création d'entreprises. L'instabilité du marché du travail et le recul de l'emploi en France a pu donner des idées à certains salariés et chômeurs, qui peuvent voir comme une opportunité le fait de se lancer dans une activité professionnelle qui les passionne. La peur de perdre la sécurité de leur emploi retenait peut être jusque là leur audace à franchir le pas pour réaliser leur rêve. Parmi ces jeunes patrons, on trouve également des jeunes diplômés, motivés et désireux de créer leur propre entreprise.

Au sein de ces nouvelles entreprises, l'artisanat est notamment un secteur qui se développe bien en France : selon les chiffres clés de l'artisanat 2014, au 1er janvier 2012, l'artisanat comptait 1 115 000 entreprises qui ont généré 103 milliards d'euros de valeur ajoutée, un chiffre en hausse de 2,2 % sur un an. La situation économique actuelle apparaît comme un atout pour la création d'entreprise. Loin du pessimisme ambiant, la création d'entreprise apporte un souffle d'espoir.

Un accompagnement disponible pour chaque créateur d'entreprise

Pour éviter l'abandon au bout de quelques mois face à la complexité apparente des démarches administratives liées à la création d'entreprise, et au découragement du créateur, l'accompagnement des entrepreneurs est devenu souvent incontournable. C'est le rôle des CMA (les Chambres de métiers et de l'artisanat), qui ont permis à plus des trois quarts des artisans et commerçants accompagnés de rendre pérenne leur entreprise au-delà des trois premières années d'existence, réputées pour être les plus difficiles. L'ensemble des structures (CMA, mais aussi CCI, APCE, CGPME, etc.) permettent notamment à chaque personne souhaitant créer son entreprise de rencontrer un spécialiste, qui évaluera la faisabilité de son projet, en mettant en avant ses points forts et ses points faibles. En facilitant les démarches administratives et fiscales de la création d'entreprises par des particuliers, les organismes d'accompagnement assurent ainsi leur naissance, leur pérennité et leur stabilité.

Des obligations administratives et professionnelles parfois lourdes

Cependant, un certain nombre de ces nouveaux entrepreneurs sont également d'anciens salariés au chômage, et voient dans la création l'opportunité de créer leur emploi. Exercer le métier particulier d'entrepreneur n'est pas toujours accessible à n'importe quelle personne. Certaines professions nécessitent des formations et des stages spécifiques avant de pouvoir les exercer. Dans la restauration, il convient de valider des compétences et des connaissances en hygiène. Pour devenir artisan, il faut détenir un CAP, un BEP ou un diplôme équivalent, ou justifier d'une immatriculation, pour le métier concerné, au répertoire des métiers. Ne devient donc pas entrepreneur qui veut mais surtout où il veut. Il faut non seulement justifier d'une expérience solide, mais aussi avoir des garanties financières (comptables, banquiers...) et une volonté à toute épreuve, car parfois, la lourdeur des démarches et obligations administratives nécessaires à l'établissement d'une entreprise en rebute plus d'un.