La première année de micro-entreprise (ex auto-entreprise) bénéficie d'un allègement significatif des charges sociales grâce à l'ACRE, qui réduit de moitié les cotisations sociales de l'Urssaf. Par ailleurs, l'auto-entrepreneur est exonéré de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) durant cette première année. Il peut aussi bénéficier de la franchise en base de TVA, ce qui simplifie la gestion fiscale. Certaines obligations restent à anticiper, notamment l'impôt sur le revenu (IR) avec ou sans le versement libératoire.
Les taux de cotisations sociales en vigueur
Le sujet des cotisations sociales est central quand on crée sa micro-entreprise. En effet, vous devez déclarer votre chiffre d'affaires (CA) à l'Urssaf chaque mois ou chaque trimestre, en ligne. Ces versements vous ouvrent des droits à plusieurs prestations comme l'assurance maladie et la retraite.
En ayant le statut de micro-entrepreneur, vous êtes soumis au régime social appelé "micro-social". Selon ce régime, les taux de cotisations sociales appliqués sur le chiffre d'affaires de l'entrepreneur dépendent de votre domaine d'activité :
- 12,3 % du chiffre d'affaires pour l'achat et la vente de marchandises (catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux, ou BIC) ;
- 21,2 % du chiffre d'affaires pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) ;
- 24,6 % du chiffre d'affaires pour les autres prestations de services, avec une évolution à 26,1 % à partir du 1er janvier 2026 (catégorie des Bénéfices Non Commerciaux, ou BNC) ;
- 23,2 % du chiffre d'affaires pour les professions libérales (BNC) qui dépendent de la CIPAV, la caisse de retraite pour les professions libérales.
Une contribution à la formation professionnelle (CFP) est également due à l'Urssaf, avec des taux compris entre 0,1 % et 0,3 % de votre chiffre d'affaires.
L'ACRE en première année d'auto-entreprise
En première année d'activité, votre trésorerie de micro-entreprise (ex auto-entreprise) est généralement faible. C'est la raison pour laquelle vous pouvez bénéficier au début de vos activités de l'Aide à la création et à la reprise d'entreprise (Acre).
Ce dispositif d'aide de l'Urssaf réduit le montant des cotisations sociales jusqu'à la fin du troisième trimestre de la première année d'activité professionnelle. Il est donc important de bien choisir votre date de lancement, en début de trimestre par exemple, pour en bénéficier le plus longtemps possible.
Si vous travaillez dans la prestation de services commerciales, par exemple, vous aurez des cotisations à 10,6 % au lieu de 23,2 % pendant votre première année d'exercice.
Faire sa première déclaration d'impôt en tant qu'auto-entrepreneur
Avec le statut de la micro-entreprise (ex auto-entreprise), votre chiffre d'affaires est obligatoirement soumis à l'impôt sur le revenu, et ce dès la première année. Vous êtes alors soumis au régime d'imposition appelé "régime micro-fiscal".
La catégorie est déterminée en fonction de l'activité de l'entrepreneur :
- Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) si votre activité est commerciale ;
- Bénéfices Non Commerciaux (BNC) pour les activités libérales et de prestations de services non commerciales.
Pour la première déclaration fiscale sous le régime micro-entreprise, et pour les suivantes, vous devez indiquer votre chiffre d'affaires annuel dans la catégorie correspondante de votre déclaration de revenus 2042 et son annexe la 2042-C-Pro.
Quel est mon taux d'imposition auto-entrepreneur ?
Le taux d'impôt applicable pour le statut de micro-entrepreneur (ex auto-entrepreneur) est déterminé en fonction de votre tranche d'imposition.
Voici les différents seuils à connaître pour déterminer votre taux d'impôt :
< 11 497 € |
0 % |
De 11 498 € à 29 315 € |
11 % |
De 29 316 € à 83 823 € |
30 % |
De 83 824 € à 180 294 € |
41 % |
> 180 294 € |
45 % |
Il est conseillé de mettre en place un système de prélèvement à la source sur votre compte personnel des impôts pour éviter de payer vos impôts en une seule fois. Pour cela, vous devez estimer le chiffre affaires issus de vos ventes ou prestations de services, puis un taux moyen s'applique. Vous serez alors prélevé tous les mois, à date fixe. Vous pouvez modifier ce taux en cours d'année, si vous jugez que vos revenus fluctuent.
Par ailleurs, en ayant le statut d'auto-entrepreneur, vous ne pouvez pas déduire vos frais professionnels de votre base imposable. À la place, l'administration fiscale applique un abattement forfaitaire de :
- 34 % pour les professions libérales (BNC) ;
- 50 % pour les prestations de services artisanales et commerciales (BIC) ;
- 71 % pour l'achat vente de marchandises et la fourniture de logement (BIC).
L'option du versement libératoire de l'impôt sur le revenu
Lors de la création de votre micro-entreprise (ex auto-entreprise), le formulaire vous permet de choisir entre être soumis au régime fiscal classique de la micro-entreprise ou bénéficier du versement libératoire de l'impôt sur le revenu sur le montant de votre chiffre d'affaires.
Cette option permet aux auto-entrepreneurs de déclarer et payer leur impôt en même temps que leurs cotisations sociales, directement lors de la déclaration mensuelle ou trimestrielle du chiffre d'affaires en ligne à l'Urssaf. Il reste toutefois nécessaire de compléter la déclaration annuelle de revenus professionnels, sans paiement supplémentaire à effectuer.
Concrètement, l'impôt sur le revenu du micro-entrepreneur est calculé en pourcentage du chiffre d'affaires :
- 1 % pour l'achat-revente ;
- 1,7 % pour les activités artisanales et commerciales ;
- et 2,2 % pour les activités de prestations de services libérales.
Cette option du versement libératoire de l'impôt sur le revenu est toutefois soumise à une condition de revenu fiscal : pour 2025, il faut avoir un revenu fiscal de référence N-2 inférieur à un montant de 28 797 € pour une personne seule.
Bon à savoir : L'intérêt du versement libératoire de l'impôt sur le revenu (dit aussi "IR”) dépend de plusieurs facteurs :
- niveau du chiffre d'affaires,
- situation familiale,
- autres revenus imposables.
Il est conseillé de comparer cette option fiscale avec le régime d'imposition classique au barème progressif avant de faire votre choix. Par exemple, si vous n'êtes pas imposable car les revenus de votre activité sont minimes, cette option n'est pas intéressante.
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est un impôt local obligatoire pour les auto-entrepreneur exerçant une activité professionnelle régulière en France. Destinée à financer les collectivités territoriales, elle fait partie de la Contribution Économique Territoriale (CET).
Son montant est calculé en fonction :
- de la valeur locative de votre local professionnel ;
- de votre chiffre d'affaires réalisé deux ans auparavant.
En tant qu'auto-entrepreneurs, vous bénéficiez d'une exonération totale de la Cotisation Foncière des Entreprises durant votre première année d'activité, jusqu'au 31 décembre de l'année de création. La deuxième année, vous pouvez obtenir une réduction de la base d'imposition en effectuant une demande auprès de leur Service des Impôts des Entreprises (SIE).
Bon à savoir : Malgré les exonérations, la déclaration de la CFE reste obligatoire et doit être effectuée sur votre espace professionnel des impôts en ligne.
Notez également que :
- pour les auto-entrepreneurs travaillant depuis leur domicile, une cotisation minimale s'applique ;
- certaines professions, comme les agriculteurs, avocats ou artistes-auteurs, ne sont pas concernées par cette taxe ;
- si votre chiffre d'affaires annuel est inférieur à 5 000 € par an, vous restez exonéré de la CFE.
En tant qu'auto-entrepreneur, vous êtes automatiquement soumis à la franchise en base de TVA. Cela signifie que vous n'appliquez pas la TVA sur vos factures. Vous n'êtes pas tenu de déclarer la TVA à l'État et vous ne pouvez pas non plus la récupérer sur vos achats professionnels.
Toutefois, si vos dépenses professionnelles incluent des achats sur lesquels la TVA est récupérable, vous pouvez demander à votre Service des Impôts des Entreprises (SIE) à être assujetti à un régime réel de TVA.
À défaut, vous restez sous franchise en base de TVA tant que :
- vous ne dépassez pas les seuils de tolérance ou ;
- vous ne choisissez pas d'y être assujetti volontairement.
- la déclaration mensuelle ou trimestrielle de votre chiffre d'affaires, en ligne, sur le site ou l'application de l'Urssaf pour les cotisations sociales (à faire même si vous avez 0 € de chiffre d'affaires) ;
- la déclaration de revenus entre mai et juin via la déclaration 2042-C-PRO ;
- la déclaration initiale de CFE avant le 31 décembre de l'année de création d'entreprise ;
- la déclaration de TVA si vous êtes soumis à un régime réel de TVA.
Lors de votre première année d'activité, plusieurs aides peuvent alléger vos charges et vous accompagner dans votre lancement. Voici les aides dont vous pouvez bénéficier sous le statut de micro-entrepreneur :
- ACRE : réduction des cotisations sociales durant la première année ;
- ARCE : versement anticipé de vos allocations chômage sous forme de capital ;
- maintien des ARE : possibilité de cumuler auto-entreprise et allocations chômage ;
- dispositifs ZFU et ZRR : exonérations fiscales et sociales si vous créez votre entreprise en Zone Franche Urbaine (ZFU-TE) ou en Zone de Revitalisation Rurale (ZRR).