Devenir entrepreneur social permet de créer une société à impact inscrite dans une logique d'économie sociale et solidaire (ESS), avec des statuts, des financements et des règles spécifiques. Ce modèle vise à concilier utilité sociale, viabilité économique et responsabilité dans la gouvernance.

Qu'est-ce qu'un entrepreneur social ?

L'entrepreneur social porte un projet dont l'activité économique est directement mise au service d'un enjeu social, sociétal ou environnemental.

Les sujets les plus fréquemment abordés sont les suivants :

  • insertion professionnelle ; 
  • transition écologique ; 
  • économie circulaire
  • lutte contre les inégalités ; 
  • inclusion des publics fragiles. 

Pour Jean Moreau, co-fondateur de la start-up anti-gaspillage alimentaire Phénix, une entreprise sociale doit répondre à quatre critères : Il y a deux critères externes (l'impact social positif et l'impact environnemental positif) et deux critères internes : la gouvernance (le partage du pouvoir) et le partage de la richesse. Nous cherchons à réinventer la place de l'entreprise dans la société, autour d'une vision moins verticale et dans une logique de lucrativité limitée, donc de partage des richesses équitable.

Quel est le but d'une entreprise sociale ?

L'entrepreneuriat social poursuit plusieurs objectifs clés :

  • porter une mission d'utilité sociale clairement définie qui répond à une problématique identifiée (insertion professionnelle, environnement, santé, logement, éducation, etc.), en cohérence avec l'activité exercée ;
  • s'appuyer sur un modèle économique viable, garantissant la pérennité de la structure et l'impact du projet dans la durée ;
  • privilégier une gouvernance responsable, souvent participative, et une gestion encadrée des bénéfices, majoritairement réinvestis au service de l'intérêt collectif.

Quelles qualités pour être entrepreneur social ?

Un entrepreneur social reste avant tout un chef d'entreprise. Même si la mission sociale prime, le projet doit reposer sur des bases économiques solides.

Il est donc essentiel de maîtriser :

  • la gestion d'entreprise (finances, trésorerie, pilotage) ; 
  • la gestion de projet et l'organisation opérationnelle ; 
  • le management d'équipe et la coordination de partenaires ; 
  • la recherche de financements (subventions, investisseurs à impact, banques) ; 
  • la communication et la valorisation de l'impact social. 

À ces compétences s'ajoute évidemment une forte sensibilité aux enjeux sociaux et environnementaux. 

Faut-il une formation pour devenir entrepreneur social ? 

Aucune formation n'est légalement obligatoire pour créer une entreprise sociale. Toutefois, se former constitue un véritable levier de sécurisation du projet, notamment lors de la création.

De nombreuses universités (l'université Paris Dauphine par exemple), écoles (Institut supérieur de l'environnement, Green Management School, notamment) et organismes spécialisés proposent aujourd'hui des formations accessibles en reprise d'études, en formation continue ou en alternance, spécifiquement orientées vers l'entrepreneuriat social et les projets à impact.

Comment faire partie de l'ESS en tant qu'entreprise ?

Pour un entrepreneur social, connaître les critères du secteur de l'économie sociale et solidaire reste indispensable. Définie par la loi du 31 juillet 2014, cette dernière repose sur les éléments suivants :

  • poursuivre un objectif d'utilité sociale ; 
  • avoir une gestion démocratique ou participative ; 
  • limiter la distribution des bénéfices ; 
  • réinvestir majoritairement les résultats dans le projet ; 
  • inscrire sa mission dans la durée.

L'appartenance à ce secteur renforce la crédibilité de l'entreprise sociale auprès des partenaires, des financeurs et des acteurs publics.

Quel statut choisir pour son entreprise sociale ?

Il n'existe pas de statut juridique unique pour créer une entreprise sociale : le choix dépend du projet, du modèle économique, du nombre d'associés et du public accompagné. Certains cadres sont toutefois plus adaptés à l'entrepreneuriat social.

Les structures de l'insertion par l'activité économique (SIAE)

Les SIAE sont des entreprises dont l'objectif est de favoriser l'insertion sociale et professionnelle de personnes éloignées de l'emploi.

Ce type de société regroupe notamment :

  • les ETTI (entreprises de travail temporaire d'insertion) ; 
  • les AI (associations intermédiaires) ; 
  • les ACI (ateliers et chantiers d'insertion).

Ces structures bénéficient d'aides publiques spécifiques (aide au poste de l'État, Fonds départemental d'insertion...) 

Les entreprises adaptées (EA) et ESAT

Les EA et ESAT permettent l'insertion professionnelle de personnes en situation de handicap, dans un environnement de travail aménagé et sécurisé.

Elles conjuguent activité économique, accompagnement social et impact durable.

Les coopératives (SCOP, SCIC)

Les coopératives sont très utilisées en entrepreneuriat social :

  • la SCOP repose sur la gouvernance par les salariés ; 
  • la SCIC associe plusieurs parties prenantes (salariés, bénéficiaires, collectivités, partenaires).

Elles favorisent une gouvernance partagée et un ancrage territorial souvent plus fort de l'entreprise sociale.

Les mutuelles et associations

Les mutuelles et associations loi 1901 sont historiquement au cœur de l'économie sociale et solidaire (ESS). Elles sont particulièrement adaptées aux projets non lucratifs ou aux services d'intérêt général.

Les sociétés commerciales (SAS, SARL...)

Une entreprise sociale peut aussi adopter une SAS, une SARL ou une SASU. L'objet social de la société, sa gouvernance et l'affectation des bénéfices doivent respecter les critères ESS. 

Quel est le salaire d'un entrepreneur social ? 

Dans l'entrepreneuriat social, le salaire dépend principalement de la réussite du projet, du statut juridique et du niveau de développement de l'entreprise sociale.

En phase de lancement, la rémunération est souvent faible, voire inexistante. Une fois l'activité stabilisée, le chef d'entreprise peut percevoir en moyenne entre 3 000et 6 500brut par mois. 

Agrément ESUS : est-il obligatoire pour l'entrepreneuriat social ?

Il n'est pas obligatoire de disposer d'un agrément pour créer une entreprise sociale. En revanche, certaines reconnaissances officielles peuvent renforcer la crédibilité de votre projet.

L'agrément ESUS (Entreprise solidaire d'utilité sociale) permet notamment :

  • de formaliser l'appartenance de l'entreprise à l'économie sociale et solidaire (ESS) ; 
  • d'accéder à des financements spécifiques ; 
  • de rassurer les investisseurs, les partenaires et mes institutions.

Pour l'obtenir, l'entreprise doit démontrer que son objectif d'utilité sociale est central, que sa gouvernance est responsable et que ses bénéfices sont majoritairement réinvestis dans le projet.

Baptiste Treny, fondateur de l'entreprise Créateur de forêt", témoigne : L'idée en obtenant l'ESUS était de mettre en avant notre utilité sociale même si nous ne sommes pas une entreprise de l'économie sociale et solidaire. Notre volonté est aussi d'inspirer les autres entreprises et de montrer que le statut ne fait pas la vertu. On peut très bien être une entreprise, et donc être rentable, sans être un "méchant comparé aux associations qui sont les gentilles.

Exemple d'entrepreneurs sociaux 

De nombreuses entreprises illustrent la diversité de l'entrepreneuriat social, comme : 

  • Créateur de forêt, projet de Baptiste Treny, régénère la biodiversité en recréant des forêts durables sur des terrains dégradés, en associant acteurs publics, entreprises et citoyens ; 
  • Les Jardins de Cocagne qui favorisent l'insertion par le maraîchage biologique ; 
  • Phénix, une entreprise sociale co-créée par Jean Moreau, qui lutte contre le gaspillage alimentaire en mettant en relation commerçants et consommateurs. 

 

 
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